Voir ce mol dans Œuvres, t. î, p
16. La rubrique du Missel, rédigée au xvi* siècle, n’exige qu’un seul « carton » sur l’autel, celui du milieu : « Ad crucis pedem ponatur tabella secretarum appellata. » L’usage en a admis deux de plus, l’un à droite pour 1’ « évangile de S. Jean », l’autre, à gauche, pour le « lavement des mains ». Le cardinal Orsini exigeait que les cadres en fussent dorés : « Omnes tabellæ deaurari debent. » Quoiqu’il ne mentionne pas le carton du lavabo dans sa Méthode, il est toujours question, dans les visites, des trois tabellæ; celle du Lavabo est même parfois nommément désignée : « la tabella del lavabo. » Ces trois cartons, ne servant que pour la messe, ne restent pas sur l’autel la messe terminée. On les met alors sur la crédence et on ne les laisse pas renversés sur la nappe de l’autel.
Msr Martin ucci, dans son Manuel , prescrit qu’on ôte le carton de l’évangile de S. Jean, quand on ne doit pas le réciter et qu’il est remplacé par un évangile lu dans le missel; cet évangile, en effet, n’a pas déraison d’être et sa présence ne peut être motivée que par un goût puéril de symétrie.
17. A Rome, on est dans la louable habitude d’attacher, par des chaînes de fer, aux balustrades, des « tableaux contenant des prières », qui varient suivant les saints ou les reliques que l’on vénère aux autels. Le fidèle, ainsi agenouillé aux pieds de celui qu’il invoque, a à sa disposition une prière toute faite qui le dispense de porter avec lui un livre de dévotion. Quelquefois la tablette est fixée sur l’agenouilloir même et presque toujours elle est accompagnée de l’image du saint que l’on baise pieusement. C’est à cette pratique, fort avantageuse, que fait allusion Benoît XIII, quand il parle du « tableau » offrant la prière pour la « visite du Saint Sacrement » et d’autres « actes du chrétien ».
18. Chaque autel étant sous le vocable d’un saint qui lui donne son nom, la meilleure manière de le distinguer et de l’orner est d’y apposer la « statue » ou le « tableau » du patron, que l’on entoure, soit d’une niche en plastique, soit d’un cadre orné, comme l’insinuait Orsini dans ses visites : « Icon altaris fuit laudabiliter ornata^ opéré plastico. » « Iconi divi Dominici... aptari mandatum estornamentum ligneum, vulgo la comice. »
19. Tout autel, par respect pour les saints mystères, doit être surmonté d’un « dais » fixe, suspendu par des cordes ou supporté par
quatre colonnes; dans ce dernier cas il prend le nom de ciborium ou de baldaquin . Le dais est en métal, en bois doré ou en étoffe1. Il est si rigoureusement prescrit, au moins pour le maître-autel, que l’évêque ne peut en dresser un autre sur son trône qu’autant que l’autel en est déjà pourvu, car ce serait accorder au serviteur un honneur que n’aurait pas le souverain. Telle est la loi inflexible du Cérémonial des Evêques. Un décret subséquent, tout en maintenant l’obligation générale, la restreint plus particulièrement à l’autel majeur et à celui du Saint-Sacrement.
Le cardinal Orsini, pour diminuer la dépense dans les églises rurales, se contentait d’un carré de bois peint ou de toile peinte : « Loco umbellæ aptata est contignatio desuper altare... aptari débet, ut vulgo dicitur a quadretti , ac pingi. »
20. c Du côté de l’épître », le missel indique ou « une fenêtre » aveugle pour mettre les burettes, creusée dans le mur, « en dehors de l’autel » et non dans la masse même de l’autel, ou encore une « crédence de pierre2», de bois si l’on veut, que pour l’office solennel on recouvre de linge blanc. Les acolytes y posent leurs chandeliers, et l’on y met le calice, l’écharpe du sous-diacre, le missel pour l’épître et l’évangile, l’encensoir, etc., en un mot tout ce qui doit servir au saint sacrifice.
Le cardinal Orsini, à la cathédrale de Bénévent, fit placer à la gauche de chaque autel une tablette de marbre pour les burettes, et creuser au-dessous, dans le pavé, une cuvette percée pour jeter l’eau qui avait servi à laver les mains du prêtre. Dans ses visites, le même soin reparaît : « Tarn pro hoc quam pro cæteris altaribus constructæ sunt mensulæ lapideæ extra stipitem pro urceolis cum cisternula sub ipsis laudata. »
Dans les grandes églises, où se disent plusieurs messes de suite au même autel, on laisse sur la crédence deux flacons de vin et d’eau,
1. « Supra vero (altare) in altum appendatur umbraculum, quod baldacbinum vocant, formæ quadratæ, cooperiens altare et ipsius scabellum, coloris cæterorum paramentorum. Quod baldachinum etiam super statuendum erit, si altare sit a pariete sejunctum, nec supra habeat aliquod ciborium ex lapide aut ex marmore confectum. Si autem adsit taie ciborium, non est opus umbraculo. » ( Cærem . episcop . )
2. « Parva campanula, ampullæ vitreæ vini et aquæ cum pelvicula et manutergio mundo in fenestella , seu in parva mensa ad hæc præparata. » (Missel.)
à l’aide desquels le clerc remplit les burettes, pendant que le prêtre ouvre le missel ou avant l’offertoire.
21. Un grand roseau ou « long bâton », pour « allumer ou éteindre les cierges ». Le cerino se met à un bout et l’éteignoir à l’autre, ou on les unit ensemble. Pour plus d’élégance, on enroule des bandes de papier de diverses couleurs autour du roseau. La visite de l’an 1724 contient cet article : « Che si provvegga di due bacchette ad formam per lo smoccolatoio da situarsi con un ciretto sotto la credenzuola. »
22. La vraie place de la « barrette », que quitte le prêtre au pied de l’autel 4, est sur la « crédence » si elle est assez large; faute de quoi on la suspendrait à un « clou ».
23. «La clochette »,qui ne sert que pour 1 eSanctus et l’élévation, se tient à la crédence; quelquefois on la pend à gauche de l’autel, et on la sonne à l’aide d’une corde; cette corde doit être assez longue pour que le clerc ne soit pas obligé de quitter sa place.
Il doit y avoir une autre clochette à la porte de la sacristie, pour annoncer, aux messes et aux offices, la sortie du prêtre et du clergé.
24. En avant du chœur sont dressés en permanence « deux candélabres », qu’on allume pour les offices. Si l’évêque officiait, il en faudrait six ou sept : « Item alia sex, vel septem ad summum funalia apponi possent in alto loco, in frontispicio tribunæ, maxime si celebraret aliquis S. R. E. cardinalis et locus esset ad id aptus. » ( Cærem . episcop.)
Le « cierge pascal » a son « candélabre » propre, à la droite du grand autel 2. Il est conforme à la tradition que ce candélabre soit en marbre blanc, en bois ou en métal doré et ait forme d’une colonne 3, comme l’insinue Y Exultet. Le cierge lui-même est en cire blanche et peinte; on y représente l’agneau pascal, le titulaire et les armoiries de l’église, ainsi que des fleurs. Les grains d’encens, qui
1. La rubrique du Missel veut que le prêtre se rende à l’autel la tête couverte : « capite cooperto accedit ad altare. »> — « Gum pervenerit ad altare, stans ante infimum illius gradum , caput detegit , biretum ministro porrigit. » (Missel.)
2. « Præparetur cereus paschalis prægrandis cum quinque granis incensi in eo infigendis,qui pouitur in aliquo magno candelabro condecenti, regulariter in latere evangelii vel alibi pro situ loci. » (Cærem. episcop.)
3. « Hæc igitur nox est, quæ peccatorum tenebras columnæ illuminatione purgavit. » (Missel.) — « Sed jam columnæ hujus præconia novimus. » (Ibid.)
rappellent les cinq plaies du Sauveur, ont la forme de pomme de pin; celui du milieu est doré, par allusion au Sacré Cœur, les autres ne sont qu’argentés.
25. Un « chancel » ou une balustrade clôt la partie réservée au clergé en avant de chaque autel. Le Cérémonial des évêques et plusieurs décrets de la sacrée Congrégation des Rites excluent formellement les laïques du sanctuaire et du chœur; leur place est hors du chancel. « Décréta prohibentia personis sæcularibus... assistentiam in presbyterio renoventur. » (S. R. C., 13 mart. 1688.)