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Des choses nécessaires four V église

1. Toute église a son « titulaire » propre, qui lui est imposé d’une manière stable et permanente, soit le jour de la bénédiction1, soit le jour de la consécration 2. Ce titulaire une fois fixé ne peut plus être changé sous aucun prétexte, pas plus qu’on ne peut en ajouter un autre. L’église n’est susceptible d’avoir un titulaire différent qu’autant qu’elle est reconstruite de fond en comble. Tant que l’église reste moralement la même, fût-elle restaurée complètement, il n’y a pas lieu de lui donner un titulaire nouveau 3.

Toute église doit être consacrée. Ne pas la consacrer, ce serait priver le pays d’une grâce particulière, puisque la consécration est comptée parmi les sacramentaux. La « consécration » s’indique de trois manières : par des croix apposées aux douze endroits qui ont reçu l’onction sainte4, par une inscription placée en lieu apparent et par un procès-verbal conservé aux archives.

d. « Locum hune, quæsumus, beatæ Mariæ semper virginis, et beati N., omniumque sanctorum intercedentibus meritis. » (Rituel.) — « Ut hanc ecclesiam et altare ad honorem tuum et nomen sancti N. purgare et benedicere digneris. » (Ibid.)

2. « Nos autem eam (ecclesiam J in honorem omnipotentis Dei, beatæ Mariæ

semper virginis et omnium sanctorum, ad memoriam sancti N. dedicamus. » (Pontifical.)

3. Patrons et titulaires, dans les Analecta, t. 1, col. 850-883, 1406-1 42i.

4. « Depingantur inparietibus ecclesiæ intrinsecus per circuitumduodecim cruces, circa decem palmos super terram, videlicet tres pro quolibet ex quatuor parietibus. » ( Pontifical .)

A Rome, depuis deux siècles, les croix de consécration sont ou en métal doré ou en marbre de diverses couleurs. La croix est presque toujours inscrite dans un cercle qui lui sert comme d’auréole. Les douze croix symbolisent les douze apôtres, fondements de l’Église.

Les onctions doivent se faire sur les murailles même et non sur les colonnes :

2. Le titulaire et la dédicace comportent une « fête propre », seulement la dédicace a en plus une octave. La fête du titulaire n’est pas renvoyée pour la solennité au dimanche suivant.

La fête du titulaire et celle du patron sont du rite double de première classe, avec cette différence que, le titulaire n’affectant que l’église, la fête ne s’étend pas au delà de son clergé propre et ne porte pas octave, tandis que le patron, se référant à un territoire, la fête est d’obligation pour tous les fidèles, porte octave et oblige pour l’office tout le clergé, tant séculier que régulier.

3. L’évêque doit examiner s’il y a d’autres « fêtes propres » à l’église et s’il ne s’y passe « rien d’illicite 1 ». Or parmi les choses défendues, la congrégation des Rites et le Pontifical prohibent les danses et les chants sur la place de l’église ou pendant le temps des offices : « Cantus et choreas mulierum in atrio ecclesiæ prohibete.» [Pontifical.)

4. Chaque église doit avoir un tableau exact des « indulgences » qui lui ont été concédées, soit par l’évêque, soit par le Saint- Siège .

Le cardinal Orsini visait ainsi les rescrits et brefs d’indulgences : « Publicentur in forma in nostra diœcesi. Beneventi,die....Fr. Yinc. Maria archiepiscopus. » Or, la forme prescrite par le concile de Trente est l’assistance de deux chanoines, qui prêtent leur concours à l’évêque.

A Rome, les indulgences s’annoncent aux fidèles par l’apposition, à la porte d’entrée, d’une tablette de bois peint, qui indique la nature de l’indulgence et le jour où l’on peut la gagner.

Si l’indulgence était quotidienne, c’est-à-dire que tous les fidèles pussent la gagner dans l’année au jour qui leur convient le mieux, il faudrait mettre au-dessus de la porte, comme à Rome, un écriteau permanent qui indiquerait ce privilège en latin ou en français, sous

« Pontifex incipiens rétro altare et procedens ad ejus dexteram, inungit chrismate cum pollice dextero singulas duodecim cruces in parietibus ecclesiæ depictas. »

( Pontifical .) — c Consecratio consistit... in parietibus » (Ben. XIV, Bullarium, t. IX, p. 428, édit, de Matines.)

1. On ne saurait trop insister sur les sages prescriptions du concile de Trente :

« Ab ecclesiis vero musioas eas ubi sive organo sive cantu lascivum aut impurum aliquid miscetur, item sæculares omnes actiones, vana adeoque profana colloquia, deambulationes, strepitus, clamores arceant, ut domus Dei vere domus orationis esse videatur ac dici possit. » ( Concil . Trident ., sess. XXII.)

cette forme qui est la plus commune : Indulgentia plenoria quotidiana perpétua pro vivis et pro defunctis.

5. Si le pape a accordé les « stations » des églises de Rome à une ville épiscopale, par exemple 4, chaque^église au jour fixé par le missel expose, surtout en carême, toutes ses reliques, récite solennellement dans la soirée les prières stationales, et affiche au dehors un écriteau portant ces mots prescrits par la sacrée Congrégation des Indulgences : Indulgentia stationalis 1 2.

6. L’ « oraison de quarante heures » se règle conformément aux prescriptions épiscopales qui en fixent le jour, le mode et la durée, et à l’instruction de Clément XI, qui en détermine le cérémonial. Le premier jour, la grand’messe est suivie d’une procession et de l’exposition qui commence à midi. Le second jour, on chante une autre grand’messe votive de la paix et avec ornements violets, à un autel différent de celui de l’exposition. Le troisième jour, après la grand’messe, a lieu, vers midi, une procession suivie de la bénédiction pour la clôture des quarante heures.

Les évêques sont autorisés par induit à supprimer l’adoration nocturne et par conséquent à interrompre l’exposition, sans pour cela porter préjudice à l’acquisition des indulgences.

Les prêtres en adoration devant le Saint Sacrement doivent être revêtus du surplis et de l’étole blanche, et rester constamment agenouillés.

7. Celui qui bâtit à ses frais une église en est considéré comme le « patron », et le droit canon lui confère en conséquence certains privilèges, parmi lesquels le Pontifical reconnaît pour lui et ses héritiers la première place à l’anniversaire de la dédicace et aux processions : « Et ut intelligas qualem tibi atque hæredibus tuis honorem et commoditatem exhibet Ecclesia, scias ut gratitudinem ipsam ad fundatores ostendat, quod a sanctis patribus statutum est, in diei dedicationis anniversario solemni fundatores et eorum hæredes in procession ibus primos esse debere. »

8. Comme l’église a besoin de « réparations » de temps à autre, il

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