Ibid., p . 505, au mot Conclaviste
7. « Evêque auxiliaire attaché à l’archevêché avec la qualité de suffragant, pour remplir les fonctions pontificales par délégation de l’ordinaire. » Le mot suffragant se prend dans deux sens et s’entend de Tévêque soumis à un métropolitain, puis de l’évêque qui est attaché, non à Y archevêché, mais à la personne même de l’ordinaire, qu’il remplace pour les pontificaux. Ces suffragants, communs en Italie et en Allemagne, sont indispensables dans les diocèses trop vastes pour un seul évêque1. Ce n’est pas qualité qu’il eût fallut dire, mais qualification.
8. « Le chapitre de Y évêché. » Passe encore si on lisait du diocèse , puisqu’il n’y en a plus qu’un par diocèse, celui de la cathédrale , seul terme rigoureusement exact.
9. « Le cardinal-évêque dePreneste. » Preneste traduit l’adjectif Prænestinus , qui vient lui-même de Præneste, ancienne ville située près de Rome et dont le nom moderne en italien est Palestrina . Cette traduction inexacte m’en rappelle une plus singulière encore : j’ai vu Yapud Urbem veterem d’une bulle traduit sans façon dans la vieille ville. Or, il s’agit d ’Orvieto.
10. (( Saint Martin, patron principal de l’église. » Les églises ont des titulaires, c’est-à-dire des saints dont elles portent le vocable; les patrons sont spécialement affectés aux lieux , paroisse, ville, territoire, pays, etc. Liturgiquement, les patrons et les titulaires ne doivent pas être confondus, car leur rite propre est essentiellement distinct.
11. a Monseigneur le cardinal. » Il faut dire Monsieur le cardinal, c’est ainsi que s’expriment le pape et la cour romaine, Signor cardinale. La qualification de Monseigneur appartient en propre à la prélature, ce serait donc rabaisser les membres du Sacré-Collège que de leur donner le même titre honorifique qu’aux évêques et aux prélats.
Dans l’ordre purement civil, nous avions quelque chose d’analogue. Les princes du sang étaient qualifiés Monseigneur et le prince héritier Monsieur. Il est d’étiquette de prendre des gants, mais il est encore d’une étiquette supérieure de n’en point avoir : voilà pour-
1. Cette question a été pleinement élucidée par Benoît XIV {De Synodo diœc., lib. XII , cap. vu, n. 7), et par Msr Ferraris (Theorica et praxis regiminis diœces.,
quoi on s’en abstient devant le pape et à l’église pour la réception des sacrements.
12. « Le pape ouvre la bouche aux nouveaux cardinaux, c’est-àdire leur confère le droit de voter dans les conclaves. » Le pape, en fermant la bouche, accomplit deux choses : il montre d’abord aux cardinaux qu’ils sont tenus à la discrétion la plus absolue, au silence même sur les affaires de l’Église qui leur seront confiées dans les diverses congrégations qu’il leur assigne: puis il leur défend de parler, pour témoigner que le droit de suffrage dérive de sa propre volonté. C’est ce qu’on nomme la voix passive. En leur ouvrant la bouche, il leur donne voix active et telles sont les expressions dont il se sert pour cette circonstance : Aperimus vobis os ut in consistoriis ,congregaiionibus aliisque functionibns cardinalitiis , sententiam vestram dicere valeatis. Ce rite ne se réfère donc pas directement et spécialement au conclave. En effet, pour qu’un cardinal puisse voter et entrer au conclave , il faut qu’il ait au moins reçu l’ordre du diaconat ou obtenu un induit apostolique. Simple clerc ou sous-diacre par l’ordination, l’ouverture de la bouche ne lui conférerait pas ipso facto le droit de voter1.
Si les observations critiques du genre de celles-ci sont du goût des lecteurs, il me sera facile de les continuer. C’est un moyen prompt et efficace de rétablir la vérité, altérée trop souvent par l’ignorance.
13. « L’abside carrée. » Abside se dit de la terminaison d’une église, quand elle est en hémicycle ; si, au contraire, l’église finissait brusquement par un mur droit, comme à la cathédrale de Poitiers, il faudrait employer le terme chevet , qui dérive de chef et de caput. Il n’y a donc pas, en réalité, d’abside carrée, pasplus qu’on n’a encore rencontré la quadrature du cercle. L’abside est semi-circulaire, en raison de la voûte en cul-de-four à laquelle elle a, dès l’époque romaine, emprunté son nom architectonique.
14. « On vendit douze oratoires e n bois.» Le mot oratoire , en
latin oratorium , a surtout la signification de petit édifice religieux ; il équivaut à chapelle 2. Dans le passage cité, il faudrait substituer prie-Dieu , qui s’applique exclusivement aux meubles spéciaux faits