La soutane rouge , dans la Paroisse, 1861, p
2. A Angers, avant la révolution, les dignitaires du chapitre de la cathédrale portaient la soutane rouge. — Guillaume, comte de Ponthieu, eu 1210, donne « cano-
nicis sancti Mauricii de Ghablais tredecim libras parisiensium ad emendas
viginti ulnas scallate ad ulnam de Provins ad facienda capucia que predicti canonici in signum martyrii beatorum martyrum Mauritii sociorumque ejus ordinis et consuetudinis (ils suivaient la règle de S. Augustin) in ecclesia gestare rubea dinoscuntur'». (Aubert, Trésor de l'abbaye de S. Maurice d' Ag aune, pag. 224.) En 1220, Honorius III confirme par bulle Redditus de escarlata.
« Anciennement les deux archidiacres (de la cathédrale de Saintes), le chantre et le maître de la psallette portaient, en été, pourmarquede leur dignité, des robes rouges d’écarlate et, en hiver, des robes violettes. » Ce passage est tiré d’un ancien manuscrit qui rapporte qu’à une époque indéterminée les chanoines furent contraints à prendre le grand habit noir Depuis cette époque, ce costume avait
été conservé. On le prenait la veille de la Toussaint et on le quittait la veille de Pâques. » (Briand, Histoire de l'Eglise Sanlone, t. II, p. 59.)
3. Le Pontifical romain, dans YOrdo ad synodum, met cette admonition sur les lèvres de i’évêque parlant à son clergé : « Nullus vestrum rubeis aut viridibus vel laïcalibus vestibus utatur. »
concerne le rouge et le vert. L’année suivante, 1215, le IVe concile de Latran établit que les habits de dessus des clercs ne seront ni trop longs, ni trop courts, ni verts ni rouges, ni ouverts. Ici encore
les évêques semblent exemptés de cette loi Ne nous étonnons
pas de voir le concile de notre province de Sens, tenu à Paris, en 1346, renouveler les canons du concile de Latran. Cependant les abus continuaient et un nouveau concile provincial de Sens, en 1528, nous prouve qu’on ne s’était pas encore soumis complètement
à ce point de discipline il interdit la soie et les couleurs rouge
et verte. »
Dans l’état actuel de la discipline, la soutane de couleur rouge appartient de droit aux cardinaux de la Sainte Église Romaine. Par concession apostolique, les chanoines de certains chapitres, comme ceux des cathédrales de Naples et de Pise, peuvent la revêtir aux solennités. Toutefois les clercs, affectés au service des églises, les séminaristes, comme le collège germanique à Rome, et même les enfants de chœur n’ont point défense de porter une soutane de cette couleur, pourvu toutefois qu’elle soit sans queue, car la queue est un signe de prélature, d’après cette déclaration de la Sacrée Congrégation des Rites du 17 juin 1673 in Ravennaten. : « Neutri licuisse neque licere, nempe archidiacono etpræposito Ecclesiæ metropolitanæ Ravennaten. usum vestis talaris cum cauda ad instar prælatorum Romanæ curiæ. »
Pie IX a sanctionné, en 1863, par rescrit de la S. G. des Rites, le port de la soutane rouge, l’été, aux fêtes les plus solennelles. Pourquoi cette restriction à l’été, comme si Noël, l’Epiphanie, Pâques ne méritaient pas également cet honneur? Voilà pour la partie ancienne du costume; mais tout le reste, qui est moderne et parisien, méritait-il vraiment tant d’égards? Ainsi, tout d’abord, pour l’été, une mozette de soie noire : c’est la mozette dite concordataire, qui, régulièrement, devrait être en laine ou en drap. Puis, l’hiver, la soutane noire est recouverte d’un manteau de laine noire, doublé de rouge en avant à la partie intérieure et munie d’un chaperon, — non d’une cappa , — aussi de laine noire. Enfin, comme complément, en tout temps, le rochet sans dentelles — pourquoi les évêques se sont-ils arrogé le pouvoir de les ôter, puisqu’elles sont de droit commun? — et l’aumusse au bras.
Tout cela est essentiellement français et par conséquent ne tient guère debout. Il y a trois degrés dans les insignes : l ’aumusse, la mozette et la cappa , mais ils s’annulent mutuellement 1 . L’au musse, d’ordre inférieur, ne peut aller avec les deux autres insignes, ce qui se fait également à Amiens. Le manteau, travesti en cappa fendue et sans queue, est une innovation .
Quoi qu’il en soit, le décret suivant uVplus qu’un intérêt historique, car, à part la soutane rouge, les autres concessions sont supprimées ipso facto par l’érection de la cathédrale en basilique mineure, qui oblige au port de la cappa violette. Quand la prendra-t-on à Nevers, laissant de côté résolûment toute la défroque gallicane?
Nivernen. — Reverendiss. Dnus Theodorus Augustinus Forcade, episcopus Nivernen., exposuit quod, virtute bullæ Paternæ pietatis sollicitudo, erecta anno 1822 sede episcopali Nivernen., canonici cathedralis hujus ecclesiæ in choro et in ecclesia ipsa cathedrali festisque solemnioribus rotinere consueverunt, de consensu episcopi, vestem talarem rubri coloris, tempore æslivo, gestantes super brachium almutium ac deinceps rochettum non acu depictnm et mozeltam sericam nigram, subsulo rubri coloris panno. Tempore vero hiemali, assumpserunt vestem talarem nigram, laneum pallium nigri coloris, duplici distinctum fascia serica rubra in interiori parte, cui supei imponitur cappa lanea minor nigri coloris, subsuto rubri coloris panno, quamvis autem non exigui momenti rerum ecclesiasticorum interprètes reputentnonnulla ex enunciatis insignibus, ae præsertim vestis talaris rubri coloris usum habitum semper fuisse et haberi tanquam perantiquum memoriale benignitalis Sanctæ Sedis erga Ecclesiam Nivernen . ; attamen ejusdem cathedralis canonici et in primis episcopus orator congruum reputarent hæc singula aperire Scissimo Dno noslro Pio papæ IX, a quo supplicibus votis imploraverunt ut hucusque servatam in veslibus choralibus consuetudinem de apostolica benignitato contirmare vel eliam, quatenus opus sit, usum eorumdem insignium do novo concedere dignaretur, ut cuicumque ulteriori arbitrariæ interprétation! via pœnitus præcludatur.
Sanctitas porro Sua, referenfe subscriplo substituto secretariæ Congregationis sacrorum Rituum, de speciali gralia benigne annuere dignata est per præsens decretum ejusdem sacrorum Rituum, absqueulla brevis expeditione, contrariis non obstantibus quibuscumque.
üie 24 seplembris 18Ü3. — G. card. Palrizi.
Ce n’est pas tout, car, à Nevers, on est vraiment insatiable : il existe un cinquième insigne canonial.