PENSIONNAIRES DES COMMUNAUTÉS CLOITREES
Nous allons citer trois induits apostoliques relativement à l’admission des jeunes filles dans les monastères cloîtrés, à l’effet de leur faire donner une bonne éducation religieuse, et aux conséquences qu’entraîne la clôture.
L’éducation ne convient nullement aux carmélites. Cependant on leur a permis quelquefois de recevoir des pensionnaires, afin de former de bonne heure ces jeunes filles aux pratiques de la vie religieuse. En 1705, la Sacrée Congrégation des Évêques et Réguliers ayant permis de recevoir des pensionnaires, la lettre suivante fut adressée à l’archevêque de Paris.
Les carmélites déchaussées de votre ville ont demandé la permission de recevoir quelques jeunes filles en qualité de pensionnaires (quoique ce ne soit point l’usage de cette communauté), afin qu’elles expérimentent la règle. Après avoir pris connaissance de vos informations, les Eminentissimes cardinaux vous autorisent à laisser admettre six pensionnaires, pas davantage; mais il faut absolument que ces pensionnaires vivent dans une partie du local qui soit entièrement séparée de celui que les religieuses occupent. La pension devra être payée six mois d’avance. Rome, septembre 1705.
If
L’évêque de Modène sollicita de la Sacrée Congrégation des Évêques et Réguliers les facultés suivantes : 1° qu’en cas de grave
d. Discipline ecclésiastique. Induits pontificaux, dans la Semaine du clergé , 1880. d. 207-268.
maladie des pensionnaires, les parents pussent, avec permission de l’évêque, aller les visiter, sans circuler pourtant dans les autres parties du couvent: 2° que le père spirituel, les prêtres de l’église des religieuses et les médecins de la maison pussent assister aux exercices littéraires que font quelquefois les pensionnaires dans le courant de l’année; 3° que les enfants qui cessent de fréquenter l’école puissent y venir de temps en temps, pendant un an, pour s’aider des lumières et de l’assistance de leurs maîtresses ; 4° que les parents des enfants des écoles externes puissent entrer dans ces écoles, au moins une fois, pendant qu’elles y sont.
Le 18 décembre 1840, la Sacrée Congrégation accorde ces diverses permissions, excepté la seconde, relative aux exercices littéraires et distributions de prix. Elle ne veut pas déroger aux lois de la clôture pour que les confesseurs, chapelains et médecins du couvent y assistent.
Sous le pontificat de Pie IX, les Yisitandines de Padoue obtinrent un rescrit qui autorisait l’évêque, pour trois ans, à permettre aux mères d’entrer dans la clôture pour voir leurs enfants malades, du consentement toutefois des religieuses, et à condition qu’il usera avec prudence et sobrement de la permission, sa conscience demeurant chargée à cet égard.
De speciali gratia, arbitrio episcopi, ad triennium , pro facultate permittendi, prævio consensu monialium, ingressum dumtaxat matribus educandarum in casu veræ infirmitatis illarum. Episcopus autem hac facultate caute et sobrie utatur, super quo ejus conscientia onerata remaneat.
La Congrégation des Évêques et Réguliers a rendu le décret suivant relativement à renseignement de la musique par des hommes :
A l’évêque de Notre Saint-Père le Pape, à qui Msr le Secrétaire
de la Sacrée Congrégation des Evêques et Réguliers, dans l’audience du premier courant, a rapporté le mémorial de D. Maria Raphaëla Francesi cini, religieuse du monastère de Sainte- Anne, mémorial appuyé par feule
cardinal-évêque, non seulement rejette l’instance de la demanderesse, ne voulant pas que dans les monastères de religieuses les hommes enseignent la musique, soit de chant, soit d’instrument, ni aux religieuses, ni aux personnes du monde demeurant dans la clôture, ni aux grilles, ni à la porte, encore moins en entrant dans le monastère, mais en outre commande d’écrire à Votre Excellence de défendre absolument au maître de chapelle d’entrer désormais dans le monastère et de continuer à enseigner la musique à la pensionnaire énoncée dans le mémorial, nonobstant le prétendu induit dont on se vante, car Sa Sainteté le révoque et le supprime au cas où il serait vrai. Votre Excellence se plaira donc à exécuter la détermination souveraine et devra en informer la Sacrée Congrégation. Le 4 août