‹ Œuvres complètesChapitre 130 sur 142 · MONSIEUR ET CHER AMI · texte numérisé non relu

MONSIEUR ET CHER AMI

rier. Je voudrais bien cependant pouvoir vous exprimer toute la joie dont mon cœur est plein. Je ne puis que m'écrier : Quel bonheur pour moi de voir mon ami heureux et de l'écrire a ma chère maman !

XLlll. Charles Grandissonà Guillaume D'*\ son ami.

Londres , le 2\ Septembre.

Pourrais- tu jamais deviner, mon cher ami , quel a été l'objet de mon voyage en cette ville? Oh! non, sans doute, puisque moi-même je n'ose encore le croire.

Eh bien! c'est par l'ordre du roi, qui vient de me, donner le titre de comte, et ui'honorer dune place distinguée auprès de ses enfans. Je ne sais qui peut me valoir ces honneurs. On veut me persuader que j'en suis redevable à ma conduite, mais il me semble que je n'ai fait en cela que remplir mon devoir, et que le devoir seul ne mérite pas de récompense. Ainsi je ne regarde ce qui vient de m'arriver que comme une pure grâce du Ciel , qui veut payer les vertus de mes dignes parens.

C'est pour eux, bien plus que pour moi, que je m'en réjouis. M. Barllet écrit à mon papa, tu entendras sans doute lire sa lettre. A peine ai-je le tempsde t'assurer que je suis pour la vie ton fidèle et tendre ami ,

Charles Grandisson.

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