‹ Œuvres complètesChapitre 133 sur 142 · MONSIEUR ET CHER AMI · texte numérisé non relu

MONSIEUR ET CHER AMI

Je ne puis assez vous féliciter du bonheur de posséder un fils tel que le vôtre. Je fus hier témoin , sans qu'il s'en doutât, d'une aventure qui lui fait infiniment d'honneur. Mais pourquoi m'étonner de sa conduite , lorsque j'y vois l'effet des bons exemples et des sages leçons qu'il a reçus de vous ?

Il se trouvait hier, dans notre société , un jeune homme nommé Stanley, fils de milord G**\ Son caractère est d'une violence brutale. Quoiqu'il n'ait encore que

dix-huit ans , l'ambition et l'envie dévorent son cœur. J'avais déjà observé qu'il était jaloux du titre que vient d'obtenir votre fils. II ne tarda guère à le harceler par de malignes plaisanteries, que Charles laissa passer en silence avec une retenue admirable. Ils étaient à jouer une partie de piquet. Stanley, plat fanfaron, qui voudrait se targuer d'un faux courage, crut pouvoir abuser de la modération de votre fils. 11 prit enfin le parti de lui chercher querelle au jeu d'une manière si marquée que Charles ne put s'empêcher de laisser paraître dans ses regards combien il en était indigné. Je vais vous rapporter ici mot pour mot tout leur entrelien.

charles. —11 me semble, monsieur,

que vous ne prenez pas beaucoup de plaisir à notre partie. Ne vaudrait-il pas mieux l'interrompre?

stanley, jetant les cartes sur la table. — Il est vrai. On ne peut guère trouver de plaisir à jouer avec des personnes qui entendent si mal le jeu.

charlks. — 11 est possible que je ne l'entende pas à beaucoup près aussi bien que vous. Je n'eu ai pas une aussi grande habitude.

stajnley. — Si vous n'en savez pas davantage sur tout le reste, je crains qu'il ne vous soit difficile de soutenir le titre que vous venez d'obtenir.

Charles. — Je ne crois pas que la science du jeu soit absolument essentielle pour remplir cet objet. Mais parlons, s'il vous plaît , d'autres choses. Vous avez la une tort belle tabatière.

stanley. — Elle ne vous conviendrait peut-être pas mal, dans votre nouvelle dignité.

charles. Elle me serait inutile : je ne prends pas de tabac. Je crois qu'il vaut mieux ne pas s'y accoutumer a mon âge.

stanley.' — C'est-à-dire que vous trouvez mauvais que j'en prenne.

charles. — En aucune manière. Il ne m'appartient pas de trouver à redire a ce qui vous convient a vous et à vos pareils.

stanley. — Mes parens n'ont rien à voir dans ces choses-là. Il suffit que cela me plaise.

charles. — A la bonne heure. Chacun a sa manière de penser.

stanley. — Certes, voila un enfant bien docile, qui ne voudrait pas prendre de tabac sans en demander la permission a ses parens.

charles. — Il est vrai. Je ne fais rien sans les consulter.

stanley. — J'aurais tort d'eu être surpris. Vous n'êtes pas aussi âgé que moi , pour savoir penser et agir d'après vous-

même. Il vous faut du temps pour vous former.

charles. — J'espère en effet valoir un peu mieux , lorsque je serai aussi âgé que vous l'êtes.

stanley. — Votre dessein est-il de m'insulter? Pourquoi me dire que vous vaudriez mieux que moi?

charles. — Mieux que vous , monsieur? Je suis incapable d'une grossièreté pareille. Il vous est aisé de comprendre que je n'ai voulu dire autre chose, sinon que j'espérais , a votre âge, valoir un peu mieux que je ne vaux à présent.

stanley. — Vous n'êtes pas maladroit, ce me semble, à tourner a rebours vos paroles.

charles. — Non, monsieur, je commence d'abord par bien penser à ce que je veux dire; et mes paroles n'ont point de rebours.

stanley. — Il suffit. Voulez-vous bien venir faire un tour de promenade dans le jardin?

charles. — Très-volontiers, monsieur. Si cela vous est agréable, je ne vois rien qui m'en empêche.

Stanley aussitôt enfonça fièremenfson chapeau sur sa tête, en cherchant de l'œil et de la main si son épée était à son côté. Charles posa la sienne sur un fauteuil, et suivit Stanley d'un pas ferme. J'attendis qu'il fût hors de la chambre pomme mettre doucement sur leurs traces, sachant assez , par ce que je venais d'entendre, combien Stanley est querelleur.

Ils marchaient à quelque distance l'un de l'autre , et s'avançaient vers un petit bosquet, qui est à l'extrémité du jardin.

Je pris un chemin plus court et plus détourné pour m'y rendre; et, m'élant caché à quelques pas derrière une charmille , je fus à portée d'entendre toute la suite de leur entretien , que je vais vous rapporter.

LE PETIT GRANDISSt».

stanley. — Où donc est votre épée?

Vous l'aviez tout à Vheure.

charles. — Il est vrai, monsieur, mais je l'ai laissée à la maison.

stanley. — Courez la chercher, s'il vous plaît.

charles. — Pourquoi donc , je vous prie? Elle m'est inutile pour me promener.

stanley. Oui , mais vous en avez besoin pour réparer l'offense que vous m'avez faite.

charles. — Une offense, dites-vous?

11 serait bien étrange pour moi de vous avoir offensé à mou insu.

stanley. — Vous l'avez pourtant fait ; et je n'aurais pas tardé si long-temps à vous en demander raison, si nous avions été seuls dans la chambre.

charles. — Vous auriez pu me la demander là-haut tout aussi bien qu'ici.

Je n'aurais pas craint les témoins pour vous répondre , comme je le fais , que je n'ai pu vous offenser , parce qu'il est dans mes principes de n'offenser personne.

stanley. — A quoi servent toutes ces vaines paroles? Allez chercher votre épée , vous dis-je. Je veux avoir satisfaction sous les armes, à moins que vous ne vous soumettiez à me demander pardon.

charles. — Vous demander pardon, monsieur? Si je vous avais offensé, je l'aurais fa»t de moi-même, sans en attendre la loi de personne, Mais comme je ne vous ai point offensé, cette démarche est parfaitement inutile.

stanley. — Mais pourquoi avez- vous quitté votre épée? Vous deviez bien voir que j'avais la mienne.

charles. — Eh! que m'importe, monsieur? Je ne connais point de raison qui m'oblige de régler mes actions sur les vôtres.

stanley. — C'est au moins , pour ne rien dire de plus, une fort grande imprudence de votre part.

charles. — En quoi donc, s'il vous plaît? J'aurais gardé mon épée si je vous avais pris pour un assassin ; et c'est alors véritablement que je vous aurais fait une offense cruelle.

stanley. — Vous me feriez perdre patience. Mon épée est encore dans le fourreau ; mais prenez-y garde , je vous en avertis.

charles. — Je suis tranquille, monsieur. Je n'ai rien à craindre.

stanley. — Vous n'avez rien à craindre? Ne croyez pas que je souffre sans ressentiment, qu'étant d'une naissance inférieure à la mienne, et plus jeune que moi de quatre ans , vous emportiez un titre qui me convenait, à tous égards, mieux qu'a vous.

charles. — If me semble, monsieur, que vous avez fait une longue marche pour en venir Ta. Je me doutais que c'était ce titre qui vous chagrinait. Mais vous êtes bien bon de me l'envier , lorsque je ne vous envie pas l'avantage d'une plus haute naissance.

stanley. — Comment donc? Est-ce que vous trouveriez cet avantage si méprisable ?

charles. — Non, sans doute. Mais je pense que ce serait une folie à moi d'en être jaloux, et surtout de vous le témoigner les armes à la main.

stanley. — Et pourquoi, je vous prie?

charles. — C'est que mon épée ne serait pas plus capable de vous le ravir , que Fa vôtre ne le serait de me dépouiller du titre dont le roi a bien voulu me revêtir. Après une réflexion aussi simple, croyez-vous encore que ce soit ici l'occasion de nous égorger?

stanley. — Mais on ne se tue pas toujours pour éprouver son épée.

charles. — En ce cas , nous pouvons nous mesurer aussi bien avec notre fleuret ; et je vous donne rendez-vous à la

première salle d'armes, pour vider, à toute outrance , cette grande querelle.

stanley. — Vous moquez-vous de moi ?

charles. — A Dieu ne plaise! Mais je craindrais, je l'avoue, que Ton ne se moquât de notre combat , et que l'on ne dit que nous sommes deux jeunes poltrons, qui nous sommes fait l'un a l'autre une égratignure pour faire parade d'un (Murage que nous n'avions pas. Voulezvous m'en croire, et accepter une satisfaction qui nous convienne également a tous les deux?

stanley. — Voyons, quelle est-elle?

chari.es. — C'est que je suis prêt à vous assurer que dans tout ce qui vous élèvera véritablement au-dessus de moi, je ne rougirai point de vous regarder comme mon supérieur, et que je vous crois dans les mêmes sentimens à mon égard.

stanley , remettant son épêe dans le fourreau. — Eh bien , c'est donc à moi de vous rendre le premier ce juste hommage. Oui, c'en est fait, aimable Grandisson , je me rends. Vous me faites trop bien sentir l'indignité de ma conduite.

Oh! si vous pouviez me la pardonner aussi sincèrement que je me la reproche!

charles. — Il suint, monsieur. Je n'en ai plus aucun ressentiment.

stanley. — Que cette scène , je vous en conjure, reste à jamais ensevelie dans le plus profond secret. C'est bien assez d'en porter le regret dans mon cœur, sans*en trouver le reproche dans les yeux des autres.

charlks. — Soyez tranquille , Stanley.

Voici ma main que je vous en donne pour gage.

stanli.y. — Je la reçois avec confiance. Je n'ose encore vous demander votre amitié; mais laissez-moi l'espérance de l'obtenir, pour m'aider à m'en rendre digne.

Après s'être embrassés, les deux jeunes gens revinrent ensemble dans la maison.

Personne ne sait rien de cette aventure. Elle fait autant d'honneur à voire fils , qu'elle ferait de honte à son adversaire, s'il ne l'eût un peu réparée par son retour. Dans cette circonstance délicate, ^Charles a montré du courage sans emportement, et de la modération sans faiblesse. Quoique plus jeune et sans armes, il n'en a pas moins su imposer à son ennemi par la seule vigueur de ses réponses. En un mot, je ne sais ce que je dois le plus estimer en lui, de sa prudence ou de son intrépidité.

XLVIH. Guillaume D*** à sa mère,

Le 2 octobre.

Mon ami Charles est enfin de retour, ma chère maman. Quelle a été notre joie de le revoir ! Le moment de son approche fut le signal d'une fête. Les jeunes garçons du village, sans en rien dire a M. Grandisson , avaient élevé un arc de triomphe en verdure , a la première barrière de l 'avenue. De jeunes filles , vêtues de blanc, lattendaient avec des corbeilles pleines de fleurs qu'elles répandirent sur son passage. Ce fut par mille cris de Vive Charles Grandisson! que nous apprîmes de loin son arrivée. Nous courûmes aussitôt a sa rencontre , en laissant marcher sa maman devant nous. 11 s'élança de la voiture dans les bras de ses parens. Madame Grandisson le pressait contre son cœur, et le baignait de larmes de tendresse. M. Grandisson, en l'embrassant, tâchait en vain de retenir les siennes. Pour Emilie, elle ne pouvait se détacher de son cou . Edouard avait aussi l'air très-joyeux. Quoiqu'il soit l'aîné, il semblait ne regarder son frère qu'avec une sorte de respect. Et moi, maman , je ne pourrai jamais vous dire

tout ce que j'ai senti. Je pleurais, je soupirais, comme si j'avais eu du chagrin; et cependant mon cœur était rempli de la joie la plus vive. Oh , quand mon tour est venu de l'embrasser, comme je l'ai serré étroitement dans mes bras! Je pensais en même temps à vous. Ah ! me disais-je k moi-même, si je pouvais, en cet instant, porter mon ami jusque sous les yeux de maman ! Les domestiques allaient et venaient autour de lui , en poussant des cris de joie. Ils auraient donné tout au monde pour pouvoir le prendre dans leur sein et le baiser à leur aise. Jamais personne n'a été aimé comme lui; et jamais aussi personne n'a été plus digne de l'être.

Tous les paysans vinrent danser hier au soir sous les fenêtres du château ; et il y a eu cette nuit une illumination générale dans le village.

Charles a reçu ce matin les compîimens de toute la noblesse des environs. Quel honneur à son âge ! Mais cela ne le rend point orgueilleux : au contraire, il est plus modeste qu'auparavant. N'est-ce pas la meilleure preuve qu'il est bien digne de son bonheur?

Au moment où nous allions nous mettre à table, nous avons vu arriver le vieux jardinier Matthews. C'est le père nourricier de madame Grandisson. Il vit, a trois milles d'ici, d'une pension que M. Grandisson lui paie pour l'aider à passer une vieillesse heureuse. Il venait lentement sur ses béquilles, pour faire son compliment. Du plus loin que Charles l'a vu dans l'avenue, il a couru au-devant de ses pas. 11 l'a pris par la main et l'a conduit à sa mère. Il a voulu qu'il s'assît a table auprès de lui. Vous voyez, maman, que les honneurs n'ont point change mon ami. Un jeune comte, faire asseoir un vieux jardinier a son côté , et prendre soin de le servir ! Ce n'est pas que cela ne me paraisse tout simple. Mais Edouard s'en étonnait , sans faire pourtant mine de le

blâmer. Je ne sais, a-t-il dit à son frère, après le dîner; mais il me semble que la visite de Matthews t'ait fait plus de plaisir que toutes les autres. Il est vrai, lui a répondu Charles. Les paroles de ce brave homme ne sont pas de vains compîimens : elles partent du fond de son cœur. A son âge , il n'aurait pas fait plus de trois miiles a pied sur ses béquilles pour me féliciter , s'il n'eût été sincèrement touché de mon bonheur. Et puis, ne dois -je pas bien l'aimer, lui qui a nourri ma chère maman? Ah! je suis bien sûr qu'il l'aime comme sa propre fille. Charles avait bien raison , maman. Pendant tout le repas , j'avais eu les regards attachés sur ce bon vieillard; et, quoiqu'il fût en pointe de gaieté, je voyais souvent de grosses larmes suspendues a sa paupière, lorsqu'il regardait madame Grandisson. Le brave Matthews voulait s'en retourner de bonne heure, afin d'arriver chez lui avant la nuit , mais Charles , pour le garder plus long-temps, a obtenu, sans peine, de M. Grandisson, qu'on le remènerait ce soir dans la voiture.

Vous imaginez bien , ma chère maman, que je n'ai pu être témoin de toutes les scènes que je viens de vous décrire, sans me peindre aussi l'heureux jour où je retournerai auprès de vous. Hélas! je n'aurai point à vous apporter l'hommage d'un nouveau titre dont je sois décoré; mais au moins j'aurai fait tout ce qui est en mon pouvoir pour vous offrir un cœur moins indigne de votre tendresse. Il n'y aura point d'illumination pour célébrer mon retour ; mais je verrai vos yeux et ceux de ma petite sœur briller, a travers de douces larmes , de tous les rayons de la joie. Je ne recevrai point de compîimens flatteurs sur l'avancement de ma fortune; mais je recevrai de votre bouche des paroles d'amour , je recevrai vos baisers et vos caresses. Je n'envie point à mon ami les faveurs qu'il reçoit de la bonté céleste

LE PLTIT GRANDISSON.

je sens qu'il les mérite mieux que moi. Mais, lorsque je le vois dans les bras de sa nière, je me demande pourquoi je ne suis pas aussi dans les bras de ma chère maman Je n'ai plus que vous à aimer sur la terre, et j'en suis éloigné. Vous êtes toute ma richesse, et je ne vous possède pas. 0 maman , ma chère maman, il faut que je m'arrête. Je ne veux point me livrer à ces cruelles pensées. J'aurais peut-être la force de les supporter pour moi seul, mais non pas pour vous. Ce n'est pas ma douleur que je crains, c'est la voire. Je ne tremblerais pas tant d'être triste, si je n'avais peur de vous affliger.

XL1X. Guillaume D*" à sa mère.

Le 6 octobre.

La fortune de mon ami Charles, ma chère maman, a fait une impression si vive sur Edouard , qu'il semble , depuis quelques jours , n'être plus le même. L'étude ne lui fait plus tant de peur ; il n'est plus si sauvage dans ses manières ; et il cherche avec une ardeur incroyable à se faire aimer de ses parens, et a se concilier l'estime des gens delà maison, et des amis de son père. Si ces bonnes dispositions se soutiennent, comme je n'en doute pas, il ne peut manquer de devenir bientôt un jeune homme accompli. Je vais vous rapporter un entretien qui m'a donné bien de la joie. M. Grandisson était avec ses deux fiis dans sa bibliothèque; et moi, j'étais dans un petit cabinet voisin, d'où je pouvais tout entendre, Ne croyez pas , ma chère maman , que je m'y fusse mis en cachette pour écouler leur conversation. Oh, non, je vous assure.

Vous m'avez trop bien appris combien il est indigne d'être à l'affût des secrets des autres ; et je n'oublierai jamais cette leçon. Ils savaient fort bien que j'étais si

près d'eux , et je faisais de temps en temps un peu de bruit pour me faire remarquer. M . Grandisson , après avoir fait sentir à Charles toute la grandeur des bontés du roi, et de quelle importance il était pour lui de les justifier aux yeux de la nation , se tourna vers Edouard , et lui dit : Et toi, mon fils, songe à profiter de cet heureux événement. Tu te destines au service militaire : sois persuadé que tu n'as pas d'avancement plus sûr à attendre que par la voie de la vertu. La manière de vivre de quelques officiers a pu te faire croire que dans cet état on n'avait pas dérègles à se prescrire pour sa conduite. Préserve-toi, mon fils, d'une erreur si funeste. Le service militaire est un service d'honneur; et l'on ne peut y bien remplir ses devoirs sans être doué de qualités nobles et généreuses. Ce n'est point par des airs dédaigneux et par des manières turbulentes qu'un officier doit chercher a se faire distinguer : il doit au contraire se montrer modeste, humain et sensible. Il doit penser toujours que son sang ne lui appartient plus; mais qu'il appartient uniquement à sa patrie, qui en a reçu l'hommage. C'est une mère tendre qu'il lui faut respecter et chérir. Mais comment saura-t-il lui rendre ces devoirs sacrés, s'il les a méconnus envers les auteurs de sa vie?

Edouard, se précipitant aux genoux de sonpère. — 0 mon papa ! je sens combien je mériterais vos reproches. Ah ! je vous en conjure, daignez me pardonner mes fautes passées. L'exemple de mon frère a toUoiiémon cœur. Je vois que c'est à sa bonne conduite qu'il est redevable des distinctions flatteuses qu'il a reçues. Quoique plus âgé que lui , je ne rougis point d'avouer sa supériorité sur moi. Je m'efforcerai du moins de marcher sur ses traces. Vous et ma chère maman, vous nous aimez tous les deux : je sens néanmoins qu'il mérite détre l'objet de vos

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