LE FAISAN, LE PIGEON
Éloignons de notre esprit de si tristes images ; pour reposer nos regards sur ce
paon majestueux. Avcz-vous vu jamais une plus brillante parure? Avec qu«l or-
gueil il étale en forme de roue sa queue ctoilée ! On dirait que le soleil se plaît à
INTRODUCTION FAMILIÈRE
la faire étinceler des plus riches couleurs. Une de ses plumes est tombée à terre.
Examinez-la bien; plus vous la regarderez de près, plus elle vous paraîtra admirable. Ses pieds ne sont pas, à beaucoup près, si beaux; tant il est vrai qu'on ne possède jamais tous les avanlages !
La chair du paon est assez bonne à manger. Elle servait même autrefois dans les festins d'appareil de la chevalerie.
Mais qui pourrait se résoudre à égorger un si bel oiseau ?
Ne soyez pas effrayé de ce coq-d'Inde, Henri. 11 a l'air fanfaron; mais il ne possède en effet que très-peu de courage.
Marchez a lui sans crainte; il fuira devant vous. Une taille haute, vous le voyez , n'annonce pas toujours un grand cœur.
Cet oiseau nous vient de l'Inde: mais
il s'est fort bien naturalisé dans ce pays , et sa chair est d'un très-bon goût.
Ne croiriez-vous pas que l'on a peint et doré le plumage de ces faisans de la Chine? Ils sont moins beaux que le paon, mais ils sont plus variés. Voyez aussi quelle diversité de couleurs dans ces pigeons ! Les plumes de tous ces oiseaux nous servent pour mille embellissemens dans notre parure. Et jusqu'à celles du hibou , il n'en est pas qui ne soient dignes d'occuper nos regards, d'exciter notre admiralion et de satisfaire notre curiosité.