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CHAPITRE III

La rechute.

Le lendemain, Lydie, à déjeuner , en-

LYDIE DE GERSIN.

tendit avec beaucoup de joie le compte que sa maman rendit publiquement de sa conduite de la veille. 11 en fut de même les jours suivans. On n'avait a lui reprocher ni gourmandise, ni paresse, ni mauvaise humeur ; et sa maman commençait à concevoir l'espérance de la voir bientôt se corriger de tous ses défauts. Je suis cependant obligé de vous dire que cette bonne espérance ne fut pas long- temps soutenue.

Lydie avait une leçon un peu difficile. Ce qu'elle ne pouvait comprendre la première fois, lui serait devenu plus intelligible à la seconde étude. Mais le courage vint a lui manquer , et il lui échappa des murmures. Ma fille, lui dit sa maman, je crains que ceci ne figure pas trop bien dans notre histoire ; et, prenant le livre, elle voulut lui expliquer ce qui l'embarrassait. Mais Lydie détourna la tête, et se mil à trépigner. Alors madame de Gersin posa le livre sur la table , et sans dire un seul mot, elle sortit de la chambre. Elle resta quelque temps dehors ; et lorsqu'elle rentra, elle vit sa fille tristement assise dans un coin. Lydie n'osait lever les yeux sur sa mère , ni lui adresser la parole. L'idée de la faute qu'elle venait de commettre , après la bonne conduite qu'elle avait tenue pendant une semaine presque entière et l'honneur qu'elle s'était fait dans tous les esprits, cette idée, dis-je, l'accablait de douleur. Elle aurait donné tout au monde pour que la dernière demiheure qu'elle venait de passer pût revenir. Mais, hélas! tous ses regrets étaient vains.

Après un long intervalle de silence , sa mère lui dit : A quoi penses-tu donc , Lydie?

lydie. — Ah ! ma chère maman , je pense à la honte que j'aurai demain , lorsque vous lirez l'histoire de ma vilaine conduite de tout à l'heure.

Mme de gersin, — Je l'avoue ma

fille , que je n'aurai guère moins de confusion que toi. Après l'avoir vue goûter la satisfaction que tu devais avoir de toimême , je m'étais flattée que tu ne retomberais plus dans tes fautes.

lydie. — Ah ! maman , il n'y a pas une heure que je m'en croyais bien loin.

Mme de gersin. — J'espère que la honte que tu auras d'entendre le récit de ta folie, t'en préservera pour l'avenir. Ce qu'il te reste de mieux a faire, c'est de tacher de réparer ta faute , en recommençant ta leçon. Je suis encore prête à te l'expliquer.

Lydie suivit le conseil de sa mère, et profila de ses offres gracieuses. Elle se comporta très-bien le reste de la journée. Mais elle ne fut pas aussi gaie dans ses jeux qu'elle l'avait été les jours précédens ; car le repentir de sa faute, et la crainte de l'humiliation qui l'attendait le lendemain, tourmentaient cruellement son esprit.

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