‹ Œuvres complètesChapitre 65 sur 142 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Les fraises el les estampes.

Lydie était allée passer l'après-midi chez une de ses amies dans le voisinage.

Elle rentra par la porle du jardin; et, comme il faisait encore un reste de jour , il lui vint dans l'idée de cueillir un panier de fraises avec ses plus jeunes sœurs. Le panier fut bientôt rempli : et la petite bande joyeuse se rendit en triomphe dans le salon. Lydie présenta le panier à sa mère, et lui demanda si elle pourrait manger les fraises à son souper , avec ses sœurs et son frère Paulin. Madame de Gersin y consentit avec plaisir. Elle s'offrit même de lui aider a les éplucher. Lorsqu'elles furent prêtes, et qu'il ne manqua plus que du sucre, Lydie courut à la sonnette pour en demander. Mais tandis qu'elle portait la main au cordon , la porte s'ouvrit; et un domestique entra tenant une assiette pleine de tartines de confitures qu'on avait préparées pour le souper des enfans.

Je suis bien fâchée, dit madame de Gersin, que l'on vous ait fait ces tartines; mais puisque les voila faites, vous ne voudrez pas sans doute les laisser perdre.

Les fraises peuvent très-bien se garder pendant vingt-quatre heures ; et vous les mangerez demain au soir à votre souper.

Cet arrêt ayant été prononcé d'un ton ferme, les enfans virent bien qu'il fallait s'y soumettre sans murmure. H n'y eut que Lydie qui, après avoir donné l'idée de ce régal, ne put supporter le chagrin d'en être privée. Elle se retira d'un air boudeur dans un coin de la chambre. Ce fut en vain que son petit frère et ses sœurs l'appelèrent pour venir souper avec eux. Elle répondit qu'elle ne voulait rien manger.

Comment donc, ma fille, lui dit sa maman , n'aurais-tu pas mangé des fraises si on les avait servies? Voila des confitures à la place; il me semble que tu n'es pas fort à plaindre.

Lydie sentait bien en elle-même qu'il valait mieux obéir à sa mamau que de s'obstiner a bouder. Elle prit cependant ce

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