CHAPITRE VIII
L'École de village.
Le temps fut aussi beau dans l'aprèsmidi qu'on aurait pu le désirer. Madame de Gersin partit avec Lydie, accompagnée d'un domestique, qui porlait dans ses bras le petit Paulin. Ils arrivèrent au bout d'une demi-heure chez madame Dutems.
Ils la trouvèrent dans une grande salle fort propre , autour de laquelle on voyait assis, sur des bancs adossés à la muraille, une vingtaine d'enfans. Louison et son frère étaient du nombre. La petite fille était occupée a marquer des mouchoirs , et le petit garçon s'amusait à regarder les images de son alphabet. Tous les enfans se levèrent à l'arrivée de madame de Gersin ; et comme l'heure de l'école était près de finir, leur maîtresse allait les congédier.
LYDIE DE GERSIN.
Mais Lydie et sa mère prièrent madame Dutcms de ne pas les interrompre. On les fit rasseoir. Madame de Gersin examina les livres des uns et les ouvrages des autres, et fit une foule de questions à madame Dutems , sur sa famille et sur ses élèves, tandis que Lydie regardait avec amitié Louison, et admirait son adresse et la propreté de son travail. Pour le petit Paulin, il écoutait de toutes ses oreilles un perroquet perché sur un pupitre, qui répétait B-A, BÀ. G-A, CA D-A, DA. etc., ce qu'il avait appris en l'entendant répéter aux enrans ; et j'avouerai même qu'il y en avait plusieurs d'entre eux qui ne le savaient pas aussi bien.
Madame de Gersin avait apporté de Detits cadeaux pour madame Dutems et pour sa famille. Ils furent reçus avec beaucoup de reconnaissance. Les écoliers s'étant bientôt retirés, madame Dutems invita ses hôtes à passer dans le jardin , où elle leur fit servir à goûter. Le repas fut très-joyeux , et madame de Gersin se retira fort satisfaite de sa visite , ainsi que Lydie et Paulin.