CHAPITRE X
Les sacs à ouvrage.
Pendant le cours de l'été, une tante de Lydie , qui demeurait dans les environs, fut obligée d'entreprendre un grand voyage. Comme elle ne pouvait emmener avec elle sa iille Henriette, elle pria madame de Gersin de vouloir s'en charger jusqu'à son retour.
Henriette était à peu près de l'Age de Lydie; et quoique les filles aînées de madame de Gersin eussent pour elle beaucoup de soins et de conplaisances, Lydie était sa compagne favorite, et elle se plaisait extrêmement dans sa société.
Un jour, une darne liée d'une étroite amitié avec la famille, vint lui rendre visite, et fit présent à chacune des deux petites demoiselles, d'un sac à ouvrage de satin, enrichi d'une broderie en or. Il y avait dans chaque sac une ménagère, avec des aiguilles et de la soie, un dez d'argent, une paire de ciseaux d'acier lin, et de plus, une belle bande de mousseline, faufilée sur un joli dessin, pour en faire un tour de gorge.
Henriette, quoique d'un excellent caractère, était extrêmement étourdie et encore plus négligente. Elle avait l'habitude de laisser ses livres, ses joujoux, ses poupées, dans tous les coins de la maison ; en sorte qu'elle avait souvent le chagrin de les perdre, ou de ne les trouver que dans le plus mauvais état. La dame qui venait de lui faire ce présent, ayant appris qu'elle avait un si triste défaut, lui recommanda particulièrement d'avoir bien soin de son sac a ouvrage; et elle