LE CHIEN
Perdant l'espoir, Il veut que son maître l'entende ; Il gronde, il pleure, et lui demande
L'adieu du soir.
Si la neige, avec violence.
De ses flocons couvre en silence
Le lit de mort, Il pousse un cri lugubre et tendre.
Et s'y couche pour le défendre
lies vents du nord.
Avant de fermer la paupière , Il fait, pour relever la pierre,
Un vain effort.
Puis il se dit comme la veille :
« Il m'appellera s'il s'éveille. »
Puis il s'endort.
La nuit, il rêve barricade :
Son maître est sous la fusillade
Couvert de sang ; Il l'entend qui siffle dans l'ombre,