EN L^HONNEUR DE PIERRE €0RNE1LLE
Deux siècles ont passé, depuis que parmi vous, De lui-même inconnu comme il l'était de tous, Un jeune homme parut, que Tamour fit poëte.
De ses premiers transports éloquent interprète, Plein du démon des vers qui s*éveillait en lui, Poète sans modèle, il marchait sans appui.
Ce discours fut composé à Toceasion de la souscription ouverte parla Société libre d*£mulatioii de Rouen, pour élever un monument à la fçloire du {çrand Corneille.
280 DISCOURS EN L'HONNEUK
« Ses pareils à deux fois ne se font pas connaître. >»
Où les maîtres manquaient bientôt il fut un maître.
Il franchit la carrière, et d'un pas de géant,
A la cime du Pinde élancé du néant,
II y grava son nom qu'on ignorait la veille.
Ce jeune homme inconnu, c'était le grand Corneille!
Deux siècles ont passé, des siècles passeront Sans flétrir les lauriers qui surchargent son front; Leurs rameaux vieillissants se couvrent d'un feuillage Dont l'immortalité reverdit d'âge en âge.
Le théâtre, ennobli par ses pompeux travaux.
Vit naître, après les siens, des chefs-d'œuvre nouveaux, Du Menteur, de Cinna, postérité sublime.
Us ont trouvé pour eux l'avenir unanime :
De Molière en courroux le vers accusateur Imprima l'infamie au front de l'Imposteur; Racine, dont Joad ranimait le génie, A des concerts du ciel révélé l'harmonie,