‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 46 sur 62 · EN L^HONNEUR DE PIERRE €0RNE1LLE · texte numérisé non relu

EN L^HONNEUR DE PIERRE €0RNE1LLE

Deux siècles ont passé, depuis que parmi vous, De lui-même inconnu comme il l'était de tous, Un jeune homme parut, que Tamour fit poëte.

De ses premiers transports éloquent interprète, Plein du démon des vers qui s*éveillait en lui, Poète sans modèle, il marchait sans appui.

Ce discours fut composé à Toceasion de la souscription ouverte parla Société libre d*£mulatioii de Rouen, pour élever un monument à la fçloire du {çrand Corneille.

280 DISCOURS EN L'HONNEUK

« Ses pareils à deux fois ne se font pas connaître. >»

Où les maîtres manquaient bientôt il fut un maître.

Il franchit la carrière, et d'un pas de géant,

A la cime du Pinde élancé du néant,

II y grava son nom qu'on ignorait la veille.

Ce jeune homme inconnu, c'était le grand Corneille!

Deux siècles ont passé, des siècles passeront Sans flétrir les lauriers qui surchargent son front; Leurs rameaux vieillissants se couvrent d'un feuillage Dont l'immortalité reverdit d'âge en âge.

Le théâtre, ennobli par ses pompeux travaux.

Vit naître, après les siens, des chefs-d'œuvre nouveaux, Du Menteur, de Cinna, postérité sublime.

Us ont trouvé pour eux l'avenir unanime :

De Molière en courroux le vers accusateur Imprima l'infamie au front de l'Imposteur; Racine, dont Joad ranimait le génie, A des concerts du ciel révélé l'harmonie,

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