DE PIERRE CORNEILLE
Et CorDeilie pourtant» cet astre radieux, Qui leur traça la route et leur ouvrit les cieux. Vous apparaît plus grand, plus beau qu'à son aurore. Entouré des rayons du jour qu'il lit éclore.
Que nVt-on point osé contre ces noms fameux?
Mais cet obscur nuage est tombé derrière eux, Comme on voit, près du but, s'abaisser la poussière Qui nous dérobe un char vainqueur dans la carrière. De lenr trône affermi qui pourrait renverser Ceux que l'Europe admire et n'a pu surpasser? Quand un peuple nouveau de rimeurs en démence Tenterait d'ébranler leur renommée iiùmense.
On verrait tous ces nains, sans haleine et sans voix, En soulevant le roc, retomber sous son poids: Dussent-ils, pour tromper le bon goût qui réclame , Des éclairs de Brébeuf ressusciter la flamme. Évoquer Chapelain des ombres du tombeau, Et de Ronsard éteint rallumer le flambeau.
Non qu'on doive eucbainer la généreuse audace Qui veut frayer sa route et conquérir sa place.
asa DISCOURS en L'honneur
Corneille eût excité cet élan créateur.
S'il est encor nouveau, c'est qu'il fut novateur. Liberté de mieux faire à qui suit son exemple ! Mais renier sa gloire, aux portes de son temple ; Mais blasphémer d'en bas le dieu sur son autel ; Insulter, quand on meurt, ce qui reste immortel : Quiconque Toserait, pour prix d'un tel outrage. Marqué d'un ridicule égal à son courage, Irait, avec Cotin d'éternel souvenir.
Égayer de son nom les railleurs à venir.
Vous qui, pour enflammer les talents dont la France Sent frémir dans son sein la féconde espérance» Vous qui des mêmes fleurs entourez tous les ans L'autel où vos aïeux ont porté leurs présents, A notre vieux Corneille offrez un digne hommage. Les murs qui l'ont vu naître attendaient son image ; Paris, tous les Français, tout un peuple jaloux Veut de lui rendre honneur s'honorer avec vous. , C'est ainsi qu'à Stratford l'Angleterre idolâtre Couronnait dans Shakspear le père du théâtre. Juliette, en son nom, s'arrachant du cercueil, Othello tout sanglant près d'Ophélie en deuil, Macbeth, qui sur leurs pas s'avançait d'un air sombre, De leur cortège auguste environnaient son ombre. Garrick des spectateurs échauffait les transports...