DE PIERRE CORNEILLE
Notre Garrick n'est plus ; mais du moins, chez les morts, Si Corneille l'a vu d'un lac de Trasimène Menacer devant lui l'arrogance romaine, Enivré de ses vers. Corneille, en l'admiranl, A pleuré de plaisir et s'est senti plus grand.
Ah ! qu'il pleure d'orgueil en se voyant renaître Dans le marbre animé par le ciseau d'un maître ! Que David nous le rende avec ce vaste front, Creusé par les travaux de son esprit fécond, Où rayonnait la gloire, où siégeait la pensée, Et d'où la tragédie un jour s'est élancée.
Simple dans sa grandeur, l'air calme et l'œil ardent, Que ce soit lui, qu'il vive, et qu'en le regardant On croie entendre encor ces vers remplis de flamme, Dont le bon sens sublime élève, agrandit l'àme. Ressuscite l'honneur dans un cœur abattu :
Proverbes éternels dictés par la vertu; Morale populaire à force de génie* El que ses actions n'ont jamais démentie !
Venez donc, offrez-lui vos vœux reconnaissants; Offrez-lui vos tributs, orateurs : quels accents Plus briilants que les siens, de phis d'idolâtrie