‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 50 sur 62 · ÉTUDES SUR L'ANTIQUITÉ · texte numérisé non relu

ÉTUDES SUR L'ANTIQUITÉ

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Aux bords du Simoïs, les Troyennes captives Ensemble rappelaient, par des hymnes pieux, De leurs félicités les heures fugitives, Et, le deuil sur le front, les larmes dans les yeux.

Adressaient de leurs voix plaintives Aux restes d'Ilion ces éternels adieux :

CHOEUR

D'un peuple d'exilés déplorable patrie,

Ton empire n'est plus, et ta gloire est flétrie.

Des rois voisins puissant recours, Que de fois Tlion s'arma pour leur défense!

D'un peuple heureux l'innombrable concours S'agitait dans les murs de cette ville immense : Ses tours bravaient des ans les progrés destructeurs, Et, fondés par' les dieux, ses temples magnifiques

Touchaient de leurs voûtes antiques

Au séjour de leurs fondateurs.

Cinquante fils, l'honneur de Troie,

Assis au banquet paternel, Environnaient Priam de splendeur et de joie; Heureux père, il croyait son bonheur éternel! .

UNE AUTRE

Royal espoir de ta famille, Hector, lu prends le bouclier.

Sur ton sein la cuirasse brille, Le fer couvre Ion front guerrier.

Aux yeux d'Hécube, qui frissonne, Dans les jeux obtiens la couronne.

Pour en couvrir ses cheveux blancs ; Du ciel allumant la colère, Déjà le crime de ton frère T'apprête des jeux plus sanglants.

UISE JEUNE FILLE.

Polyxène disait à ses jeunes compagnes *

Dépouillez ce vallon favorisé des cieux;

C'est pour nous que les fleurs naissent dans ces campagnes ;

Le printemps sourit à nos jeux.

Elle ne disait pas : Vous plaindrez ma misère Sur ces bords où mes jours coulent dans les honneurs; Elle ne disait pas : Mon sang teindra la terre

Où je cueille aujourd'hui des fleurs.

CHOEUR

D'un peuple d'exilés déplorable patrie.

Ton empire n'est plus, et ta gloire est flétrie.

UNE TROYEISNE.

Sous l'azur d'un beau ciel, qui promet d'iieureux jours, Quel est ce passager dont la nef couronnée, Dans un calme profond, s'avance abandonnée Au souffle des Amours?

UNE AUTRE

Il apporte dans nos murailles

Le carnage et les funérailles.

Neptune, au fond des mers que ton trident vengeur

Ouvre une tombe à l'adultère !

Et vous, dieux de l'Olympe, ordonnez au tonnerre

De dévorer le ravisseur.

Mais non, le clairon sonne et le fer étincelle; Je vois tomber les rocs, j'entends siffler les dards; Dans les champs dévastés le sang au loin ruisselle, Les chars sont heurtés par les chars.

Achille s'élance.

Il vole, tout fuit,

L'horreur le devance.

Le trépas le suit.

La crainte et la honte Sont dans tous les yeux, Hector seul affronte Achille et les dieux.

UNE AUTRE

Sur les restes d'Hector qu'on épanche une eau pure. Apportez des parfums, faites fumer l'encens.

Autour de son bûcher, vos sourds gémissements

Forment un douloureux murmure; Ah ! gémissez, Troyens ! soldats, baignez de pleurs Une cendre si chère!...

Des fleurs ! vierges, semez des fleurs !

Hector dans le tombeau précède son vieux père.

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