‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 16 sur 78 · LA GROTTE DU CHIEN · texte numérisé non relu

LA GROTTE DU CHIEN

L'o^ morne, le teint bléme et la tête abattue, Le maitre de ce chien, le vieux Nicolino, Nous guidait sur les bords du lac noir d'Agnano Vers la grotte où s'exhale une vapeur qui tue. Stello , vieux comme lui , mais jeune de gaité . Foulait d*im pied joyeux ce bord inhabité.

G)urant en étourdi, sautant, jappant sans cause, 11 vient heurter le guide et c'est pour son malheur-, Le bâton, sans pitié, de ce vieillard morose Change son cri de joie en un cri de douleur;

Et sous la main qui le blesse, Le chien se couche k demi ; Puis pour la lécher se dresse, Car un maitre est un ami.

« C'est ici, mes seigneurs ! » et dans Tantre qui Tume, 11 a plongé Stello, qui ne résiste pas.

Le chien sous la vapeur chancelle au premier pas*, Son poil se dresse, il tombe, il frissonne, il écume. « Oh! rhorrible torture! assez, vieillard!... » mais lui N'obéit qu'k la longue et comoie avec eanui ,

LA GROTTE DU CHIEN. ti

Et voyant vers la terre, où renaît le DuJade, Nos regards attendris tristement s^abaisser : « Que je Taime , dit-il , ce bon Tien camarade ! Avant qu'il soit une heure il va recommencer. »

Et le chien, qui de faiblesse ' N'ouvre les yeux qu'il demi, Des yeux pourtant le caresse ; Car un maître est un ami.

Chacun jette un carlin dans le chapeau du pâtre. Dont le front incliné pour nous s'est découvert; Et nous suivons la rive où le châtaignier vert Autour des flots dormants monte en amphithé&ire. Soudain Nicolino nous arrête en chemin ; Humble, la voix dolente, et nous tendant la main, « Une piastre! dit-il, le voilk plein de vie , Assez fort pour lutter et pour long-temps soufl^rir; Voulez-vous, mes seigneurs, vous en passer l'envie? Une piastre de plus, je le ferai mourir. »

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