ACTE I, SCÈNE II. 26Ô
MELUSINE
Je ne la vis qa'enfant, et ne sens rieo pour elle. Je commençai de vivre au temps où sar ces bords La science à mes yeux dévoila ses trésors.
MATHILDE
Gomment ne rien sentir ponr Theureux ciel de France? Un souvenir si doux s'attache ^ notre enfance!
GONTRA!«.
Cest plus tard , c'est ^ Tàge où Ton craint Tavenir, Qu'on se reprend d'amour pour ce doux souvenir. Embelli par le temps, plus il fuit^ plus on l'aime.
(A Mélnaine.)
J'ai pensé comme vous; et, m'abusant moi-même,
Le bonheur de savoir, qui devait m'enivrer,
M'a laissé le regret de ne plus ignorer.
riante ignorance, ô fraîcheur de la vie!
De nos premiers beaux jours ô flear trop lot ravie!
Jeune, on te foule aux pieds, et ton parfum pour nous
Sur le bord de la tombe est le seul qui soit doux.
MATHILDE
Au midi de vos ans n'en pleurez pas l'aurore : Tel je vous vis, Contran, tel je vous vois encore;
S70 MÉLUSINE
Les ans sur ¥otre firoot passent sans le toucher. Et le temps pour tous seul semUe ne pas marcher.
MÉLUSINE
Cest vrai ; lorsqa'id bas tout dédine et tout dumge. Par quel art menreilleax , par quel secret. . .
(Le son da cor retentit i la porte du château.] CONTRAN.
Qu'entends^je?
41ATHILPP.
Un pèlerin.
;Le même son se répète deux fois encore.) CONTRAN.
Si tard!
MATHItDE.
Peut-être nn cbevalîer^ Pour lui, conmie pour tous, soyez hospitalier.
CONTRAN.
Oui , Maihilde.
MELUSINE , à part, en voyant Contran prendre le lirre.
Il remporte !