ACTE I, SCÈNE III
MATlilLDE.
Comme le mien.
MÉLUSINE
Peul-cUre 11 était moins touché qu'il ne feignait de l'être.
MATHILDE
A lui parler de vous je m'oubliais ici ,
Et je sais qu'à m'entendre il s'oubliait aussi.
MÉLUSINE
S1mposait-il souvent ce long pèlerinage?
MATHILDE
Il ne s'en lassait point.
Quel était son langage?
MATHILDE
Triste.
MÉLUSINE
Mais n'exprimant rien que de l'amitié?
274 MÉLUSINE
MATHILDE
Pour son amour, ma sœur, vous fûtes sans piiié.
MÉLUSINE
Rien qu'une amitié froide?
MATHILDE
Oh, non! de ses alarmes J'ai vu rémotion se trahir par des larmes.
El s'attachant sur moi , mais ne voyant que vous, Ses humides regards brillaient d'un feu si doux Qu'en vain il me celait le mal qui le dévore ^ Je sentais que d'amour il vous aimait encore.
MELUSINE
Toi, Malhilde?
MATHILDE
Pourquoi serait-il revenu
Quel charme douloureux l'eût ici retenu?
Je le senlais , vous dis-je ^ et comment m'y méprendre?
Sa voix avait alors je ne sais quoi de tendre
Que la vôtre pour moi n'a pas dans sa douceur ;
Et pourtant vous m'aimez d'une amitié de sœur,
De mère^ et quand mon nom tombe de votre bouclid,
Vous avez à le dire un charme qui me touche.