‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 76 sur 78 · ACTE IJ, SCENE · texte numérisé non relu

ACTE IJ, SCENE

GOKTRAN.

Mon &me.

Au lieu de vous soumettre, il fallait commander. Tout obtenir de lui sans lui rien accorder.

CONTRAN.

D'abord je l'ai voulu; libre encore on le brave ;

Puis on cède, et de roi je fus bientôt esclave.

Die est à lui, cette àme-, il n'a qu'à l'appeler,

De ce corps en poussière elle va s'envoler.

Voudra-t-il que pour moi, demain, le jour se lève,

Et ce jour qui me luit , voudra-t-il qu'il s'achève.^

Je crois sentir son bras vers mon front s'allonger

Pour y graver son signe, et m'abatlre, et changer

En des tourments sans fin ce reste d'existence.

Chaque heure que j'entends murmure ma sentence;

A chaque mot de toi qui me semble un adieu ,

Mon cœur épouvanté se retourne vers Dieu ;

Mais, s'il me pardonnait. Dieu serait sans mémoire;

J'invoque le néant, et je n'y puis pas croire.

Ah! prends pitié de toi, car c'est toi que je plains ;

Les forfaits et les maux dont mes longs jours sont pleins,

Qu'avec moi pour jamais l'enfer les engloutisse!

306 iMÉLUSilNE.

Mais, toi, n'allume pas son ardente justice.

Par ces pleurs qu'en tremblant je verse k tes genoux, Crains celui dont les yeux , dont les mains sont sur nous -, Prosterne devant Dieu ton orgueil, et, chrétienne. Adoucis ma souffrance en m'épargnant la tienne.

MÉLUSINB.

Quels que soient les tourments qui suivront vos malheurs, Je les accepterais... et me rends k vos pleurs.

CONTRAN.

Ma fille!

HÉLUSINE.

Je vaincrai son esprit qui m'obsède ^ Mais vous...

CONTRAN.

Quelqu'un s'approche ^ ah , tais-loi !

mëlusine.

C'est Tancrëde.

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