‹ Œuvres complètesChapitre 123 sur 324 · ACTE 1, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE II

Sors d1cî , Ben-^d, oa respecte son nom !

BEN-SAÎD , loi présentant ane lettre.

Cet écrit teint du sang d'un messager fidèle , II Tient de la Castille, et répondra pour elle.

LE CID , à Bodrigne, apr^ avoir Jeté les yeux sor la lettre.

Cest de ton père -, lis.

RODRIGUE

De mon père, et je fuis Ces caractères saints pour la première fois !

LE cm.

Lis.

RODRIGUE, lisant.

« Quand devant son trône il m'a vu paraître : n Que veut un ingrat? m'a crié ton maître. » J'ai dit : Cet ingrat vous offre aujourd'hui » Les forts et chftleaux conquis par sa lance ; ^ II vous offre aussi les clés de Valence, » Où mille dangers vont fondre sur lui. » S'il les brave seul , l'ingrat, c'est vous, sire ^ » Nul n'a fait assez pour vous Toser dire ; » Le Cid l'aurait pu-, partant je le puis : » Où le Cid n'est pas, c'est tnoi qui le suis. »

LE CID

Il l'est en effet.

RODRIGUE

« Je ne sais quel duc pendant l'ambassade » Murmurait ton nom d'un air de bravade. » Pour lui faire au cœur rentrer son dédain , » J'enfonçai, du poing, k double reprise, » Mon casque d'acier sur ma tète grise, » Et je dis tout haut h ce baladin :

» Qui parle du Qd se taise , ou demeure » Pour bien averti que je veux sur l'heure » Châtier sa langue, et que je le puis : » Où le Cid n'est pas, c'est moi qui le suis, n

BEN-SAÎD

Voila comme on Toffenseî

ELVIRE

Et contre l'offenseur comme on prend sa défense!

LE ClD , à Bodrigae.

Poursuis.

RODRIGUE

(1 N'attends rien du roi, que Dieu lui pardonne! )> Quant à moi, jamais, puisqu'il t'abandonne. » Mais, avec mon fils et quelques vaillants , » Je pars au galop quand le jour va poindre... »

RODRIGUE , à part , en sMnterrompant.

Femand revient!

ELVIRE , prenant la lettre dans sa main.

Donnez.

(Elle lit.)

(( Mais, avec mon fils et quelques vaillants, » Je pars au galop quand le jour va poindre. » Fanés te joindra, dût-il, pour te joindre, » Offrir sa poitrine à mille assaillants. » Sur leurs corps à tous je passe, et ramène, » Gomme toi jadis aux pieds de Chimène, » Deux rois, mon vieux Cid, et cinq si je puis : » Où le Cid n'est pas, c'est moi qui le suis. )>

LE CID, ABen-Saïd.

Je te promets Que, puisqu'il me l'affirme, il le Tera.

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