‹ Œuvres complètesChapitre 140 sur 324 · ACTE I, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IX

FÀNÈS.

0 fureur! sous le nombre Ils sont tombés vaincus dans les rangs ennemis.

ELVIRE

Vaincus! non : tas de vaincre, ils s'y sont endormis.

Noble parole , Elvire !

RODRIGUE , À part.

Ah! je Taimais, mon frère.

FANES

J'étais trop orgueilleux, ami, d'élre son père.

3e \e le comparais ; je disais : 11 ira

Aussi loin que le Cid ; il le surpassera.

JeVai cru, je Tai dit, et c'était un blasphème-,

Mais pense au fol orgueil qu'inspire un fils qu'on aime.

LE CID

Le perdre ainsi!

RODRIGUE, À part.

Mes vœux n'ont pu changer son sort, Et ce collier pour lui fut un présent de mort.

FANÉS

Mon appui, mon héros, ma race tout entière,

Mon Fernand est 1^-bas couché dans la poussière.

S'il y reste, eh bien! moi, j'y veux rester aussi.

Marchons, ou j'irai seul. Ai-je quelque souci

Qu'on accompagne ou non, qu'on laisse ou qu'on rapporte

Fanés de Minaya dont la famille est morte?

Fanés n'avait qu'un fils, il n'en a plus!

Qui? toi?

FANÉS

Je n'en ai plus^ pourlant, je suis maître de moi. Tiens, vois : j'ai les yeuxsecs; à d'autres temps les larmes! Cest du sang qu'il me faut.

RODRIGUE , sVUnçant an miUea de la scène.

Et moi , ce sont des armes !

ELVIRE

Qu'en lends-je?

LE CID

Qu'as-tu dit?

RODRIGUE

Que je reprends mon nom.

Devenu le dernier de ma noble maison , Je viens revendiquer l'honneur que j'ai d'en être ; Je le veux soutenir, je l'accroîtrai peut-être; Ou si l'accroître encore est plus que je ne puis , Périr pour ma maison , c'est prouver que j'en suis.

ELVIRE , à part.

Je l'avais bien jugé.

LE CID , à Fanèt.

Ck>nnais-tu ce jeune homme?

Ah! quel que soit son nom, c'est un brave.

LE CID

Il se nomme Fanés de Minaya.

FANÈS

Se peut-il?

LE GID.

Son parrain Le présente h son père.

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