ACTE 11, SCENE VllI
LE CID
Sans pilic : que veux-lu!
Comme ces démons-lii je n'ai pas comballo ; Eo wi mot, j'ai Taibli.
RODRIGUE
Qui? vous!
LE CID
Je le confesse.
Qu'est-ce donc après tout qu'un moment de faiblesse! Du meilleur champion l'âme parfois s'abat; 11 n'en est que plus fort ^ son premier combat. Par sa faute affermi, loin qu'il s'en décourage. Contre lui , contre tous, je ne sais quelle rage Le transporte, et le pousse ii tenter des efforts Qui lui font en héros réparer tous ses torts. Au repas qu'on leur sert lii-bas ma place est prise ^ Mais à souper, vrai Dieu! je l'aurai reconquise.
Ce fier Campéador qui jamais n'a tremblé...
LE CID
Jamais, c'est beaucoup dire.
RODRIGUE
Aujourd'hui s'est troublé.^
LE CID
Comme si j'en étais a mon apprentissage. Me mêler avec eux n'aurait pas été sage; Je t'ai cherché, mon fils-, tu sais ma peine : voi Si tu me trouves bon pour manger avec toi.
RODRIGUE
Ah! j'ai perdu mes droits à cet honneur insigne.
254 LA FILLE DU ClD.
LE ClD.
Pour m'avoir obéi quand ma main le fil signe, Quand ma voix l'ordonna, filleul, de l'éloigner?
RODRIGUE
A moi?
LB GID.
Mon mal , Rodrigue, aurail pu le gagner, El conlre mon exemple il fallail le dérendre. J'ai parlé de manière k me bien faire entendre, El lout le monde a su que lu m'obéissais.
RODRIGUE
Mon honneur esl sauvé?
Commenl 1 lu faiblissais ! . . .
Nous élions en malheur^ mais loi, c'est excusable : Un novice ï l'aulel voit-il rien de semblable? Au speclacle du meurtre il y reste étranger, £n semant sur le lin les fleurs de l'oranger ^ Jamais le sang versé n'y laissa de vestige^ Le voir sans être ému serait presque un prodige. Un jour j'ai tourné bride aux monts d'Albaracin Où son aspect d'horreur a soulevé mon sein. Faisons donc table à part, maisgaiment, que f en semble? Nous prendrons au dessert notre revanche ensemble, Et tout braves qu'ils sont, si tu le veux, ce soir Le plus brave entre nous sera fier de s'asseoir.
RODRIGUE
0 mon père ! 6 démence î ô douceur adoraMc ! Pour me faire innoeent, lu te faisais coupable^ Je mourais si d'un mot tu m^avais outragé^ Et tu rends k la vie un cœur déeenragé i