‹ Œuvres complètesChapitre 185 sur 324 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Les vieux abus, messieurs, comme les vieux travers, De voir , sous un vieux nom , plus d'un vieux personnage. Or, on s'entend bien mieux quand on est du même âge. Vous avez deux cents ans et nous nous entendrons. D'abord nous n'attaquons personne, que je sache; G)mmentIepourrions-nous? Des mœursquenotts peindrons Le tableau sans modèle au passé se rattache; En quoi peut-il blesser nos mœurs , qui sont sans tadie? On s'est tant corrigé , qu'avant peu l'avenir

N'aura rien à faire, et nous sommes

En bon chemin pour devenir

Les plus parfaits de tous les hommes.

Nos gros marchands jadis, bien que fort délicats, Rançonnaient sans pitié les bourses trop crédules;

Les médecins, les avocats.

Les juges, dont je fais grand cas (Quand j'ai quelque procès), avaient des ridicules;

Mais maintenant ils n'en ont pas.

Les labeurs du commerce honnêtement fleurissent; Pour d'austères devoirs les juges sont de feu;

Les médecins toujours guérissent.

Et les avocats parient peu.

N'en est-il pas ainsi de certaine infortune

Dont on rit quand on est garçon , Qui du temps de Molière était, dit-on, commune! Elle épargne aujourd'hui gens de toute façon , Gens dont la femme est vive, ou tendre, ou blonde, ou brune, Gens de lettres, de loi, d'épée ou de tribune ; On ne la connaît plus , messieurs, que par son nom ,

A qui même on garde rancune.

L'ancien mot usité pour exprimer cela,

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