‹ Œuvres complètesChapitre 194 sur 324 · LA POMMERAIE, DORANTE · texte numérisé non relu

LA POMMERAIE, DORANTE

DORANTE

'Ile maxime dans la bouche d'un homme qui ne se ient plus que nous sommes quelquefois sortis du cat en nous appuyant Tun sur Tautre.

LA POMMERAIE

»i fait. Dorante, je m'en souviens, et peut-être avec "- - rel; mais je n'avais pas alors de décorum k garder ""- jourdliui, quelle différence! Je suis magistrat, je ne •s plus homme.

\ DORANTE

r A Paris, Fun n'exclut pas l'autre. Allons! fois conune

)S Messieurs : à la prière d'un ami , brûle ton rap|)ort

- mire Valère et signe celui que j'ai laissé sur ton bureau.

LA POMMERAIE

1 Arrête : il est des principes avec lesquels rien ne me (mil trartsij^i r, une atteinte k la sainteté du mariage est à lues yeux un véritable sacrilège.

Il y a bon nombre de dévots qui le commettent. Mais Ht te sied-il, a toi, de faire le rigoriste, it toi qui me contais, hier, que lu perds la raison pour je ne sais quelle beaoté de province,

|9 LA POMMERAIE, virememt.

Elle est libre!

DORANTE

1 sais-lu?

LA POMMERAIE

Je te dis qu'elle est libre : c'est une veuve, ou du moins une fille émancipée.

DORANTE

Pour émancipée, je le gagerais.

LA POMMERAIE

Elle est libre et je suis garçon; je ne porte donc atteinte il rien de ce qu'on respecte.

DORANTE

Quand tu vas te marier!

LA POMMERAIE

Cest rompu. Quel mariage, bon Dieu! et avec qui? avec une grande fille maigre et solennelle, qui serait tonte d'une venue sans ses paniers dont l'ampleur passe toute vraisemblance. D'aiUeurs eUe avoue vingtnsept ans.

DORANTE

Ce qui fait frémir, quand on va du connu 2i l'incoono. Mais pourquoi voulais-tu l'épouser?

LA POMMERAIE

C'est que, mon ami , outre son âge et ses paniers, qui sont exorbitants, elle a pour soixante mille écus de bon bien; c'est une raison.

DORANTE

11 y en aurait une meilleure : ce serait cent mille écos; mais celle-lk est bonne.

LA POMMERAIE

Rompu, te dis-^je! 11 est survenu une difficulté d'argeot au moment du contrat.

DORANTE

Et quand on reprend sa liberté, on veut en jouir.

Page 1