‹ Œuvres complètesChapitre 200 sur 324 · SCENE VIL · texte numérisé non relu

SCENE VIL

LES KÉMES , JULIE.

LàBRANCHE, à Jolie.

Madame, me pardonnerez-vous de céder, en vous arrêtant dans votre promenade, aux sollicîtatioDS d'un ami qui aimerait mieux rester k Vire toute sa vie que d'en sortir sans vous avoir parlé ?

JULIE

Ce serait pourtant une extrémité bien fâcheuse.

DORANTE

Moins que vous ne le pensez, madame, si votre intention est d'y séjourner long-temps.

LABRANGHE.

Je vous le donne pour un des honmies les plus persuasifs qui soient en France.

DORANTE, modestement.

Mon ami!...

LABRANGHE.

L'éloquence est, chez lui , un don naturel *, il a le bonheur d'être né dans une ville du Midi , où les enfants parlent plus tôt et plus vite qu'en aucun lieu du royaume. 11 n'est pas que vous n'ayez entendu nommer le célèbre Dorante.

JULIE

Âh! monsieur, quel avantage pour moi que de rencontrer au bout du monde le plus beau talent du barreau!

DORANTE

Et, pour moi, madame, quelle fortune que de retrouver au fond d'une province toutes les grâces de Paris!

Page 1