ACTE 111, SCENE IH
contre, une simple rencontre, un malheur que mon ami déplore, et il serait prêt ii tous les sacrifices. .. labràmche.
Des sacrifices , monsieur ! ( a part.) Ah ! Labranche, mon ami, la tentation te prend au collet, (a La Pommeraie. } Et de quelle nature seraient ces sacrifices?
LA POMMERAIE
Vous n'êtes pas heureux, monsieur?
LABRANCHE
Non, monsieur, je ne suis pas heureux ^ mais je porte Ik un cœur d'honnête homme
LA POMMERAIE
Vous ne voudrez pas m'entendre.
LABRAMCHE.
Un cœur sensible, pourtant, et je vous écoule.
LA POMMERAIE
Je n'ose...
LABRANCHE
Osez, monsieur, osez : deux hommes honnêles peuvent tout se dire.
LA POMMERAIE
Voudrail-il de l'argent? (a Labranche.) Si deux cents louis...
LABRANCHE
Quand l'ombre du fils de mon père se lève devant moi, monsieur!
LA POMMERAIE
Trois cents?
LABRANCHE
Quand ses mânes demandent vengeance, monsieur!
LA POMMERAIE
Cinq cents, monsieur, cinq cents louis?
LABRAKC0E.
Quand je les entends me crier... (ApwioCesl pourtant une jolie somme !
LA POMMERAIS , à part.
Je mêlais trompé. (AUbnneho.) Pardonnei-moi , mon* sieur; je vous faisais injure. Mais si rîntérét nepent rien sur vous, qu'une considération plus élevée voustonche. Je vous parle au nom de l'honneur de voire soeur.
LABRAKCHE.
Qu'est-ce k dire?
LA POMMERAIE
H est perdu, monsieur, perdu , je vous le jure sur le mien , si cette affaire éclate. Il faul que votre sœur s'éloigne; emmenez-la à l'étranger, en Suisse, en Allemagne. . .
LABRANCnE, vivement.
En Italie!
LA POMMERAIE
OÙ VOUS voudrez. Je mets ma voiture k votre disposition. Avant une heure, procurez-vous des chevaux de poste ; mais par tout ce que vous avez de plus sacré, enimenez-la et sauvez sou honneur.
LABRAÏ^ICHE , à part , en marchant à grands pas.
Oh ! ii pfqnsttte aventure , q«e ^ (aire le voyage ï la
place de Dorante !
LA POMMERAIE, qui le suit.
Vous hésitez, monsieur?
LABRAliCHE, de mène.
Consentira-t-elle? Une bonne peur peut la décider, pendant que Dorante plaidera.