SCENE V
LA POMMERAIE, JULIE
JULIE
Si je consens ^ partir, monsieur.
LA POMMERAIE
Vous, madame, chez moi!
JULIE
J'ai voulu vous revoir, et monsieur Doranle n'a pas pu résisler k mes instances.
LA POMMERAIE , k part.
Il faut que ce Dorante soit fou.
JULIE
J'ai pensé qu'il vous serait doux de recevoir mes adieux.
LA POMMERAIE
Ob! bien doux, madame !.. Ainsi, vous partirez?
JULIE
Oui, monsieur; j'ai tout entendu, et je me résigne k partir , mais seulement avec mon frère.
LA POMMERAIE
C'est votre protecteur naturel.
JULIE
Vous me comprenez bien : avec mon frère seulement
Pouvais-je confier k un autre une existence qui m'est si cbère.^
JULIE
Oui, le danger que je cours a été votre seule pensée.
LA POMMERAIE
Assurément, si je pensais k moi, je vous supplierais de rester.
JULIE, avec passion .
Vous n'auriez qu'un mol k dire.
LA POMMERAIE, yiyemcnt.
Mais je ne pense qu'à vous, madame, qu'à vous seule
JULIE
Et moi , je ne mets qu'une condition k mon départ.
LA POMMERAIE
Laquelle, madame? commandez, mais hâtez-vous^ je tremble qu'on ne vienne.
JULIE
C'est que vous, l'auteur de tous mes maux... car vous êtes l'auteur de tous mes maux.
LA POMMERAIE
Je le suis. (Apart.) n ne faut pas la contrarier.
Vous, qui m'avez conduite k ma ruine... car c'est bien vous, monsieur.
LA POMMERAIE
Il est vrai. (Apart.) Je conviendrai de tout ce qu'elle voudra
JULIE
Vous ne repousserez pas ma dernière demande.
LA POMMERAIE
Au nom du ciel, parlez : on peut venir k chaque instant.
^ JULIE
\ Promettez-moi d'être favorable k mon parent.
• LA POMMERAIE
Le docteur Valère? Mais, madame, l'heure de l'au-