ACTE I, SCÈNE ». l
Cayerly par plaisir, Derby par intérêt, M'ont Yolé eette joie en s'inTÎtant eux-mêmes. Que m'importe après (ont! ta seras Gi, ta m'aimes^ Et j'y pms dire enoor ce que j'ai dit cent fois : Je l'en vis sortir par, et par je l'y revoi».
EDOUARD
Vous le pourrez toujours ; en doutez-vous?
SIR GILBEM*.
Écoute:
La popularité, que pour toi je redoute, Commence, en nous prenant sur ses ailes de feu. Par nous donner beaucoup et nous demander peu. Elle est amie ardente ou mortelle ennemie. Et, comme die a sa gloire, eHe a son infamie. Jeune, tu dois l'aimer : son charme décevant Fait battre mon vieux cœur, il m'enivre ; et souvent , Au fond de la tribune où ta voix me remue, Quand d'un même transport toute une chambre émue Se lève, t'applaudit, te porte jusqu'aux cieux. Je sens des pleurs divins me rouler dans les yeux. Mais, si la volonté n'est égale au génie. Cette faveur bientôt se tourne en tyrannie. Tel qui croit la conduire est par elle entraîné : EHe demande alors plus qu'elle n'a donné. On fait pour lui complaire un premier sacrifice, Un second, puis un autre; et quand à son caprice On a cédé fortune, et repos, et bonheur , □le vient fièrement vous demander l'honneur ; Non pas cet honneur faux qu'elle-même dispense, Mais l'estime de soi, qu'aucun bien ne compense. Ou l'honnête homme alors, ou le dieu doit tomber :
Vaincre dans cette lutte est encor succomber. Ou résiste, elle ordonne^ on fléchit, elle opprime Et traîne le vaincu des fautes jusqu'au crime. De son ordre, au contraire, avez-vous fait mépris: Cachez-vous, apostat, ou voyez à ses cris Se dresser de fureur ceux qu'elle lient en laisse Pour flatter qui lui cède et mordre qui la blesse : Des vertus qu'ils n'ont plus ces détracteurs si bas. Ces insulteurs gagés des talents qu'ils n'ont pas. Elle excite leur meute, et les pousse, et se venge En vous jetant au front leur colère et leur fange. Voilà ce qu'elle fut, ce qu'elle est de nos jours, Ce qu'en un pays libre on la verra toujours-, Et s'il faut être enfin ou paraître coupable. Laissant h l'honneur faux pour l'honneur véritable. Souviens-loi qu'il vaut mieux tomber en citoyen Sous le mépris de tous, que mériter le tien.
EDOUARD
Ayez foi dans ce cœur où voti-e sang bouillonne. Je ferai mon devoir, quoi que l'honneur m'ordonne.