ACTE I, SCÈNE III. l
SIR GILBERT
Vraiment!
EDOUARD
Il en convient.
MORTINS, à Caverly, en s'aaseyant.
A votre tour !
GAVERLY, qui se lève.
Silence !
Mortins a le cœur pur, Tesprit vif, le sens droit...
MORTINS.
Cest le bien pour le mal.
GAVERLY.
Ce qu'il dit, il le croit; Mais, quand pour le progrès son démon le transporte, L'imagination sur son bon sens remporte. Comme il n'a pas failli , vu qu'il n'a pas vécu , De ne faillir jamais il est très-convaincu. Aussi pour l'âge mâr sa jeunesse est hautaine, Et ceux qui, par malheur, passent la quarantaine. Au néant, selon lui, trop heureux de rentrer. N'ont plus par point d'honneur qu'à se faire enterrer.
MORTINS, en riant.
Penser cela de vous, ah, fi! j'en aurais honte.
GAVERLY.
Et vous le penseriez que je n'en tiendrais compte. Je porte fort gaiment mes cinquante ans passés, Et prendrai le surplus sans jamais dire : Assez ! Je poursuis...
EDOUARD
Non.
GAVERLY.
Mortins h parler m'autorise,
Et, si je suis trop long, pensez que j'improvise. Selon lui, je possède et j'ai peur^ j'en convien : Pour qu'il ait peur aussi, que lui Taut-il? mon bien. En révolution il s'est fait sa limite ; Mais qui court dans ce sens bientôt se précipite. Le meilleur va plus loin qu'il ne croyait aller, Et peut-être Mortins verrait, sans se troubler, Tout le corps social, battu par la tempête. Rouler la tète en bas... s'il lui laissait la tète. Qiacun, ayant la sienne et voulant la garder, Tient qu'avant de détruire il y Tant regarder, Et se souvient encor , prudemment monarchique , Qu'on vit le peuple anglais en pleine république, Retombant sous le joug de toute sa hauteur, Qianger un doux tyran pour un dur protecteur.
MORTINS, qui se lève.
Et je réponds. . .
EDOUARD, Tivcment.
La chambre est assez éclairée.
SIR GILBERT
L'ordre du jour!
CAVERLY.
Eh bien! parlons de la soirée
i En montrant Edouard. )
Offerte à notre ami.
EDOUARD
Comment?
CAVERLY.
Dans ce banquet.
Où de nos opposants pas un seul ne manquait, A-t-il dit certains mots que certain journal cite?