A. Cela produisit des disputes continuelles
. Le peuple, qui aimoit la gloire, composé de gens qui avoient passé leur vie à la guerre, ne pouvoit refuser ses suffrages à un grand homme, sous lequel il avoit combattu. Il obtenoit le droit d'élire des plébéiens, et il élisoit des patriciens. Il fut obligé de se lier les mains, en établissant qu'il y auroit toujours un consul plébéien : aussi les familles plébéiennes qui entrèrent dans les charges, y furent-elles ensuite continuellement portées; et, quand le peuple éleva aux honneurs quelque homme de néant, comme Varron et Marins, ce fut une espèce de victoire qu'il remporta sur lui-même (M.) Esprit des lois, VIII, 12.
« Dans A. cette note est ainsi rédigée : Le peuple avoit tant de respect pour les principales familles que, quoiqu'il eût obtenu le droit de faire des tribuns militaires plébéiens, qui avoient la même puissance que les consuls, il élevoit toujours à celte
la religion même, les institutions anciennes, et la suppression des jours d'assemblée, sous prétexte que les auspices n'avoient pas été favorables; par les clients*; par l'opposition d'un tribun à un autre; par la création d'un dictateur % les occupations d'une nouvelle guerre, ou les malheurs qui réunissoient tous les intérêts; enfin, par une condescendance paternelle à accorder au peuple une partie de ses demandes pour lui faire abandonner les autres, et cette maxime constante de préférer la conservation de la république aux prérogatives de quelque ordre ou de quelque magistrature que ce fût.
Dans la suite des temps, lorsque les plébéiens eurent tellement abaissé les patriciens, que cette ^ distinction de familles devint vaine, et que les unes et les autres furent indifféremment élevées aux honneurs, il y eut de nouvelles disputes entre le bas peuple, agité par ses tribuns, et les principales familles patriciennes ou plébéiennes, qu'on appela les Nobles, et qui avoient pour elles le sénat, qui en étoit composé. Mais, comme les mœurs anciennes n'étoient plus, que des particuliers avoient des richesses immenses, et qu'il est impossible que les richesses ne