A. Par ses clients
2. Les patriciens, pour se défendre, avoient coutume de créer un dictateur ; ce qui leur réussissoit admirablement bien ; mais les plébéiens, ayant obtenu de pouvoir être élus consuls, purent aussi être élus dictateurs; ce qui déconcerta les patriciens. Voyez dans Tite-Live, liv. VIIF, chap. XII, comment Publilius Philo les abaissa dans sa dictature : il fit trois lois qui leur furent très-préjudiciables. (M.)
3. Les patriciens ne conservèrent que quelques sacerdoces et le droit de créer un magistrat, qu'on appeloit entre-roi. (M.)
charge des patriciens; il fut obligé de se lier les mains et d'établir qu'il y auroit toujours un consul plébéien. Et quand quelques familles plébéiennes entrèrent dans les charges, elles y furent ensuite continuellement portées. C'étoit avec peine que le peuple, dans le dé.sir continuel d'abaisser la noblesse, l'abaissoit en effet; et quand il élevoit aux honneurs quelque homme de néant comme Varron et Marius, ce fut une victoire qu'il gagna sur lui-môme.
donnent du pouvoir, les nobles résistèrent avec plus de force que les patriciens n'avoient fait; ce qui fat cause de la mort des Gracques et de plusieurs de ceux qui travaillèrent sur leur plan ^
Il faut que je parle d'une magistrature qui contribua beaucoup à maintenir le gouvernement de Rome : ce fut celle des censeurs. Ils faisoient le dénombrement du peuple^; et, de plus, comme la force de la république consistoit dans la discipline, l'austérité des mœurs et l'observation constante de certaines coutumes, ils corrigeoient les abus que la loi n'avoit pas prévus, ou que le magistrat ordinaire ne pouvoitpas punir ^ Il y a de mau- /vais exemples qui sont pires que les crimes; et plus d'États ont péri parce qu'on a violé les mœurs que parce qu'on a violé les lois. A Rome, tout ce qui pouvoit introduire des nouveautés dangereuses, changer le cœur ou l'esprit du citoyen, et en empêcher, si j'ose me servir de ce terme, la perpétuité, les désordres domestiques ou publics, étoient réformés par les censeurs : ils pouvoient chasser du sénat qui ils vouloient, ôter à un chevalier le cheval qui lui étoit entretenu par le public, mettre un citoyen dans une autre tribu, et même parmi ceux qui payoient les charges de la ville sans avoir part à ses privilèges^.