‹ Œuvres complètes; (volume 4)Chapitre 124 sur 251 · Ses partisans, ses lieutenants · texte numérisé non relu

Ses partisans, ses lieutenants

GRANDEUR ET

DÉCADENCE

loient ou l'accusoient sans cesse ^ — 11 veut, disoit l'un, se perpétuer clans le commandement, et être, comme Agamemnon, le roi des rois. — Je vous avertis, disoit un autre, que nous ne mangerons pas encore cette année des figues de Tusculum. — Quelques succès particuliers qu'il eut achevèrent de tourner la tête à cette troupe sénatoriale. Ainsi, pour n'être pas blâmé, il fit une chose que la postérité blâmera toujours, de sacrifier tant d'avantages pour aller, avec des troupes nouvelles, combattre une armée qui avoit vaincu tant de fois.

Lorsque les restes de Pharsale se furent retirés en x\frique, Scipion, qui les commandoit, ne voulut jamais suivre l'avis de Caton, de traîner la guerre en longueur : enflé de quelques avantages, il risqua tout, et perdit tout : et, lorsque Brutus et Cassius rétablirent ce parti, la même précipitation perdit la république une troisième fois

Vous remarquerez que, dans ces guerres civiles qui durèrent si longtemps, la puissance de Rome s'accrut sans cesse au dehors. Sous Marins, Sylla, Pompée, César, Antoine, Auguste, Rome, toujours plus terrible, acheva de détruire tous les rois qui restoient encore.

Il n'y a point d'État qui menace si fort les autres d'une conquête que celui qui est dans les horreurs de la guerre civile. Tout le monde, noble, bourgeois, artisan, laboureur, y devient soldat : et, lorsque, par la paix, les forces sont réunies, cet Etat a de grands avantages sur les autres qui n'ont guère que des citoyens. D'ailleurs, dans

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