‹ Œuvres complètes; (volume 4)Chapitre 125 sur 251 · Voyez Plutarque, Vie de Pompée. (M · texte numérisé non relu

Voyez Plutarque, Vie de Pompée. (M

2. Cela est bien expliqué dans Appien, De la guerre civile, liv. IV, ch. cviii et suiv. L'armée d'Octave et d'Antoine auroit péri de faim, si l'on n'avoit pas donné la bataille. (M.)

les guerres civiles, il se forme souvent ^ de grands hommes, parce que, dans la confusion, ceux qui ont du mérite se font jour; chacun se place et se met à son rang ; au lieu que, dans les autres temps, on est placé, et on l'est presque toujours ^ tout de travers. Et, pour passer de l'exemple des Romains à d'autres plus récents, les François n'ont jamais été si redoutables au dehors, qu'après les querelles des maisons de Bourgogne et d'Orléans, après les troubles de la Ligue, après les guerres civiles de la minorité de Louis XIII, et celle de Louis XIV. L'Angleterre n'a jamais été si respectée que sous Cromwell après les guerres du long parlement. Les Allemands n'ont pris la supériorité sur les Turcs qu'après les guerres civiles d'Allemagne. Les Espagnols, sous Philippe Y, d'abord après les guerres civiles pour la succession, ont montré, en Sicile, une force qui a étonné l'Europe : et nous voyons aujourd'hui la Perse renaître des cendres de la guerre civile, et humilier les Turcs.

Enfin, la république fut opprimée : et il n'en faut pas accuser l'ambition de quelques particuliers ; il faut en accuser l'homme, toujours plus avide du pouvoir à mesure qu'il en a davantage, et qui ne désire tout que parce qu'il possède beaucoup.

Si César et Pompée avaient pensé comme Gaton, d'autres auroient pensé comme firent César et Pompée; et la république, destinée à périr, auroit été entraînée au précipice par une autre main.

César pardonna à tout le monde : mais il me semble

1. A dit : « 11 se forme toujours de grands hommes » ; mais Verratum remplace toujours par souvent.

2. Verratum de A veut qu'on lise: souvent, au lieu de presque toujours.

que la modération que l'on montre après qu'on a tout usurpé, ne mérite pas de grandes louanges.

Quoi que l'on ait dit de sa diligence après Pharsale, Cicéron l'accuse de lenteur avec raison. Il dit à Cassius qu'ils n'auroient jamais cru que le parti de Pompée se fût ainsi relevé en Espagne et en Afrique ; et que, s'ils avoient pu prévoir que César se fût amusé à sa guerre d'Alexandrie, ils n'auroient pas fait leur paix, et qu'ils se seroient retirés ^ avec Scipion et Gaton en Afrique -. Ainsi un fol amour ^ lui fit essuyer quatre guerres; et, en ne prévenant pas les deux dernières, il remit en question ce qui avoit été décidé à Pharsale.

César gouverna d'abord sous des titres de magistrature; car les hommes ne sont guère touchés que des noms. Et, comme les peuples d'Asie abhorroient ceux de consul et de proconsul, les peuples d'Europe détestoient celui de roi; de sorte que, dans ces temps-là, ces noms faisoient le bonheur ou le désespoir de la terre ^. César ne laissa pas de tenter de se faire mettre le diadème sur la tête ^ mais, voyant que le peuple cessoit ses acclamations, il le rejeta. Il fit encore d'autres tentatives ^ : et je ne puis comprendre qu'il pût croire que les Romains, pour le souffrir tyran, aimassent pour cela la tyrannie, ou crussent avoir fait ce qu'ils avoient fait.

Un jour que le sénat lui déféroit de certains honneurs, il négligea de se lever ; et pour lors, les plus graves de ce corps achevèrent de perdre patience.

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