‹ Œuvres complètes; (volume 4)Chapitre 138 sur 251 · Denys d'Halicarnasse, liv. IV. (M · texte numérisé non relu

Denys d'Halicarnasse, liv. IV. (M

nom, le bled que la république distribuoit aux pauvres citoyens ; d'autres enfin désiroient d'avoir à leur pompe funèbre beaucoup de gens qui la suivissent avec un chapeau de fleurs ^ Le peuple fut presque composé d'alfranchis^; de façon que ces maîtres du monde, non-seulement dans les commencements, mais dans tous les temps, furent la plupart d'origine servile.

Le nombre du petit peuple, presque tout composé d'affranchis, ou de fils d'affranchis, devenant incommode, on en fit des colonies, par le moyen desquelles on s'assura de la fidélité des provinces. G'étoit une circulation des hommes de tout l'univers : Rome les recevoit esclaves, et les renvoyoit Romains.

Sous prétexte de quelques tumultes arrivés dans les élections, Auguste mit dans la ville un gouverneur et une garnison % il rendit les corps des légions éternels, les plaça sur les frontières, et établit des fonds particuliers pour les payer; enfin, il ordonna que les vétérans recevroient leur récompense en argent, et non pas en terres^.

Il résultoit plusieurs mauvais effets de cette distribution des terres que l'on faisoit depuis Sylla. La propriété des biens des citoyens étoit rendue incertaine. Si on ne menoit pas dans un même lieu les soldats d'une cohorte, ils se dégoûtoient de leur établissement, laissoient les

1. Un chapeau de fleurs est une couronne. Dans quelques-unes de nos vieilles coutumes, il est dit qu'une fille n'héritera pas de son père, s'il l'a dotée à son mariage, ne fût-ce que d'un chapel de roses.

2. Voyez Tacite, Annal., liv. XIII, ch. xwii. Late fusum id corpus, etc. (M.)

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