A. n'a point les mots : et les chevaliers
et pleine de bourgeois timides, trembloit devant la première bande de soldats qui pouvoit s'en approcher.
La condition des empereurs n'étoit pas meilleure ; comme ce n'étoit pas une seule armée qui eût le droit ou la hardiesse d'en élire un, c'étoit assez que quelqu'un fût élu par une armée, pour devenir désagréable aux autres, qui lui nommoient d'abord un compétiteur.
Ainsi, comme la grandeur de la république fut fatale au gouvernement républicain, la grandeur de l'empire le fut à la vie des empereurs. S'ils n'avoient eu qu'un pays médiocre à défendre, ils n'auroient eu qu'une principale armée, qui, les ayant une fois élus, auroit respecté l'ouvrage de ses mains.
Les soldats ^ avoieat été attachés à la famille de César, qui étoit garante de tous les avantages que leur avoit procurés la révolution. Le temps vint que les grandes familles de Rome furent toutes exterminées par celle de César; et que celle de César, dans la personne de Néron, périt ellemême. La puissance civile, qu'on avoit sans cesse abattue, s& trouva hors d'état de contre-balancer la militaire ; chaque armée voulut faire un empereur.
Comparons ici les temps. Lorsque Tibère commença à régner, quel parti ne tira-t-il pas du sénat - ? Il apprit que les armées d'Illyrie et de Germanie s'étoient soulevées : il leur accorda quelques demandes, et il soutint que c'étoit au sénat à juger des autres^; il leur envoya des députés de ce corps. Ceux qui ont cessé de craindre le pouvoir, peuvent encore respecter l'autorité. Quand on eut repré-