II
senté aux soldats, comment, dans une armée romaine, les enfants de l'empereur et les envoyés du sénat romain couroient risque de la vie\ ils purent se repentir, eï aller jusqu'à se punir eux-mêmes- : mais, quand le sénat fut entièrement abattu, son exemple ne toucha personne. En vain Othon harangue-t-il ses soldats pour leur parler de la dignité du sénat^; en vain Vitellius envoie-t-il les principaux sénateurs pour faire sa paix avec Vespasien^ : on ne rend point, dans un moment, aux ordres de l'État, le respect qui leur a été ôté si longtemps. Les armées ne regardèrent ces députés que comme les plus lâches esclaves d'un maître qu'elles avoient déjà réprouvé.
G'étoit une ancienne coutume des Romains, que celui qui triomphoit, distribuoit quelques deniers à chaque soldat : c'étoit peu de chose ^ Dans les guerres civiles, on augmenta ces dons^ On les faisoit autrefois de l'argent pris sur les ennemis; dans ces temps malheureux, on donna celui des citoyens; et les soldats vouloient un partage là où il n'y avoit pas de butin. Ces distributions n'avoient lieu qu'après une guerre; Néron les fit pendant la paix : les soldats s'y accoutumèrent; et ils frémirent
1. Voyez la harangue de Germanicus. Tacite, Annal., liv. I, ch. xlti. (M.)
2. Gaudebat cœdibus miles, quasi semet absolveret. Tacite, Annal., liv. I, ch. XLiv. On révoqua, dans la suite, les privilèges extorqués. Tacite, ibid. (M.>