Cicéron, Des Offices, liv. II. (M
avoit tant donné, lui fit bâtir im temple, et y établit des prêtres flamines en son honneur ^
Cela fit que sa mémoire ne fut pas flétrie; et que, le sénat n'osant pas le juger, il ne fut pas mis au rang des tyrans, comme Commode, qui ne le méritoit pas plus que lui^.
De deux grands empereurs, Adrien et Sévère % l'un établit la discipline militaire, et l'autre la relâcha. Les effets répondirent très-bien aux causes : les règnes qui suivirent celui d'Adrien furent heureux et tranquilles; après Sévère, on vit régner toutes les horreurs.
Les profusions de Caracalla envers les soldats avoient été immenses ; et il avoit très-bien suivi le conseil que son père, lui avoit donné en mourant, d'enrichir les gens de guerre, et de ne s'embarrasser pas des autres.
Mais cette politique n'étoit guère bonne que pour un règne; car le successeur, ne pouvant plus faire les mêmes dépenses, étoit d'abord massacré par l'armée : de façon qu'on voyoit toujours les empereurs sages mis à mort par les soldats, et les méchants par des conspirations ou des arrêts du sénat.
Quand un tyran, qui se livroit aux gens de guerre, avoit laissé les citoyens exposés à leurs violences et à leurs rapines, cela ne pouvoit non plus durer qu'un règne; car les soldats, à force de détruire, alloient jusqu'à s'ôter à eux-mêmes leur solde. Il falloit donc songer
1. A : Caracalla, pour diminuer l'horreur de son action, mit Géta au rang des dieux, et ce qu'il y a de singulier, etc.. voulant apaiser les soldats prétoriens qui regrettoient ce prince, qui, etc.