‹ Œuvres complètes; (volume 4)Chapitre 161 sur 251 · yElius Lampridius, in vita Alex. Severi. (M · texte numérisé non relu

yElius Lampridius, in vita Alex. Severi. (M

3. Voyez l'Abrégé de Xiphilin, Vie d'Adrien, et Hérodien, Vie de Sévère. (M.)

à rétablir la discipline militaire; entreprise qui coûtoit toujours la vie à celui qui osoit la tenter.

Quand Caracalla eut été tué par les embûches de Macrin, les soldats, désespérés d'avoir perdu un prince qui donnoit sans mesure, élurent Héliogabale^ ; et quand ce dernier, qui, n'étant occupé que de ses sales voluptés, les laissoit vivre à leur fantaisie, ne put plus être souffert, ils le massacrèrent; ils tuèrent de même Alexandre, qui vouloit rétablir la discipline, et parloit de les punir-.

Ainsi un tyran % qui ne s'assuroit point la vie, mais le pouvoir de faire des crimes, périssoit avec ce funeste avantage, que celui qui voudroit faire mieux périroit après lui.

Après Alexandre, on élut Maximin, qui fut le premier empereur d'une origine barbare. Sa taille gigantesque et la force de son corps l'avoient fait connoître.

Il fut tué avec son fds par ses soldats. Les deux premiers Gordiens périrent en Afrique. Maxime, Balbin et le troisième Gordien furent massacrés. Philippe, qui avoit fait tuer le jeune Gordien, fut tué lui-même avec son fds; et Dèce, qui fut élu en sa place, périt à son tour par la trahison de Gallus\

1. Dans ce temps-là, tout le monde se croyoit bon pour parvenir à l'empire. Voyez Dion, liv. LXXIX. (M.)

'i. Voyez Lampridius in vita Alex. Severi, c. lix. (M.)

3. A. met ici la note suivante : Ces libéralités faites aux soldats venoient d'une pratique ancienne dans la république; celui qui triomphoit distribuoit quelques deniers à chaque soldat de l'argent pris sur les ennemis; c'étoit peu de chose. Dans les guerres civiles, les soldats et le chef étant également corrompus, ces dons devinrent immenses, quoiqu'ils fussent pris sur les biens des citoyens, et les soldats vouloient un partage là où il n'y avoit pas de butin. César, Octave, Antoine, donnèrent souvent jusqu'à cinq mille deniers au simple soldat, le double au chef de file, aux autres à proportion. Un denier romain valoit dix asses ou dix livres de cuivre. (M.)

4. Gasaubon remarque, sur l'histoire augustale, que, dans les cent soixante

Ce qu'on appeloit l'empire romain, dans ce siècle-là, étoit une espèce de république irrégulière, telle à peu près que l'aristocratie d'Alger, où la milice, qui a la puissance souveraine, fait et défait un magistrat qu'on appelle le dey : et peut-être est-ce une règle assez générale, que le gouvernement militaire est, à certains égards, plutôt républicain que monarchique.

Et qu'on ne dise pas que les soldats ne prenoient de part au gouvernement que par leur désobéissance et leurs révoltes : les harangues que les empereurs leur faisoient ne furent-elles pas à la fm du genre de celles que les consuls et les tribuns avoient faites autrefois au peuple? Et, quoique les armées n'eussent pas un lieu particulier pour s'assembler, qu'elles ne se conduisissent point par de certaines formes, qu'elles ne fussent pas ordinairement de sang-froid, délibérant peu et agissant beaucoup, ne disposoient-elles pas en souveraines de la fortune publique? Et qu'étoit-ce qu'un empereur, que le ministre d'un gouvernement violent, élu pour l'utilité particulière des soldats?

Quand l'armée associa à l'empire Philippe ^ qui étoit préfet du prétoire du troisième Gordien, celui-ci demanda qu'on lui laissât le commandement entier, et il ne put l'obtenir ; il harangua l'armée, pour que la puissance fût égale entre eux, et il ne l'obtint pas non plus; il supplia qu'on lui laissât le titre de César, et on le lui refusa ; il

années qu'elle contient, il y eut soixante-dix personnes qui curent, justement ou injustement, le titre de César : Adeo erant in illo principatu, quem tamen cmnes mirantur, comitia imperii semper incerta. Ce qui fait bien voir la différence de ce gouvernement à celui de France, où ce royaume n'a eu, en douze cents ans de temps, que soixante-trois rois. (M.)

1. Voyez Jules Capitolin, m vila Gordiani terlii, c. xxx. (M.)

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