A. Pour y apporter leurs dépouilles
2. C'étoit une nation bien destructive ^ que celle des Goths : ils avoien détruit tous les laboureurs dans la Thrace et coupé les mains à tous ceux qui menoient les chariots. Histoire byzantine de Malchus, dans V Extrait des ambassades. (M.)
3. Voyez, dans les chroniques recueillies par André du Chesne, Téta de cette province, vers la fin du et le commencement du x'' siècle. Script. Norm. hist. veteres. (M.)
A. Bien destructrice.
DES R03IAINS, GHAP. XIX. 283
La Scythie, dans ces temps-là, étant presque toute incultes les peuples y étoient sujets à des famines fréquentes; ils subsistoient, en partie, par un commerce avec les Romains, qui leur portoient des vivres des provinces voisines du Danube ^ Les Barbares donnoient en retour les choses qu'ils avoient pillées, les prisonniers qu'ils avoient faits, l'or et l'argent qu'ils recevoient pour la paix. Mais, lorsqu'on ne put plus leur payer des tributs assez forts pour les faire subsister, ils furent forcés de s'établir ^
L'empire d'Occident fut le premier abattu; en voici les raisons.
Les Barbares, ayant passé le Danube, trouvoient à leur gauche le Bosphore, Gonstantinople, et toutes les forces de l'empire de l'Orient qui les arrêtoient; cela faisoit qu'ils se tournoient à main droite, du côté de l'Illyrie, et se poussoient vers l'Occident. Il se fit un reflux de nations et un transport de peuples de ce côté-là. Les passages de l'Asie étant mieux gardés, tout refouloit vers l'Europe; au lieu que, dans la première invasion, sous Gallus, les forces des Barbares se partagèrent.
L'empire ayant été réellement divisé, les empereurs
1. Los Goths, comme nous l'avons dit, ne cultivoicnt point la terre. Les Vandales les appeloient Trulles, du nom d'une petite mesure;
parce que, dans une famine, ils leur vendirent fort cher une pareille mesure de bled. Olympiodore, dans la Bibliothèque de Photius, liv. XXX. (M.)
2. On voit, dans V Histoire de Priscus, qu'il y avoit des marchés, établis par les traités, sur les bords du Danube. (M.)
3. Quand les Goths envoyèrent prier Zt'Mion de recevoir dans son alliance Theudéric, fils de Triarius, aux conditions qu'il avoit accordées à Thcudcric, fils de Balamer, le sénat consulté répondit que les revenus do l'État n'étoient pas sulTisants pour nourrir deux peuples Goths, et qu'il falloit choisir de Tamitié de Tun des deux. Histoire de Malchus, dans VExtrait des ambassades. (M.)
d'Orient, qui avoient des alliances avec les Barbares*, ne voulurent pas les rompre pour secourir ceux d'Occident-. Cette division dans l'administration, dit Priscus\ fut très-préjudiciable aux affaires d'Occident. Ainsi les Romains d'Orient^ refusèrent à ceux d'Occident une armée navale, à cause de leur alliance avec les Vandales. Les Visigoths, ayant fait alliance avec Arcadius, entrèrent en Occident, et Honorius fui obligé de s'enfuir à Ravenne\ Enfin, Zénon, pour se défaire de Théodoric, le persuada d'aller attaquer l'Italie qu'Alaric avoit déjà ravagée.
Il y avoit une alliance très-étroite entre Attila et Genséric, roi des Vandales ^ Ce dernier craignoit les Goths^; il avoit marié son fils avec la fille du roi des Goths; et, lui ayant ensuite fait couper le nez, il l'avoit renvoyée; il s'unit donc avec Attila. Les deux empires, comme enchaînés par ces deux princes, n'osoient se secourir. La situation de celui d'Occident fut surtout déplorable : il n'avoit point de forces de mer; elles étoient toutes en Orient % en Egypte, Chypre, Phénicie, lonie,
1. A. met ici cette note : Honorius apprit que les Visigoths, après avoir fait alliance avec Arcadius, ctoient entrés en Occident ; il s'enfuit à Ravenne. Procope, De la guerre des Vandales.
2. A. Ceux d'Occident, et comme ceux-ci n'avoient point de forces de mer qui ctoient toutes en Orient, en Egypte, Chypre, Phénicie, lonie, Grèce, seuls pays où il y avoit alors quelque commerce, les Vandales et d'autres peuples attaquèrent les côtes d'Occident partout. Les Orientaux firent bien pis ; voulant se soulager des Barbares, ils les engagèrent à aller porter leurs conquêtes en Occident. Ainsi Zénon, pour se défaire de Théodoric, le persuada d'aller attaquer l'Italie qu'Alaric avoit déjà ravagée Rome étoit pour ainsi dire une ville sans défense, etc.