‹ Œuvres complètes; (volume 4)Chapitre 218 sur 251 · Nicétas, Histoire de Manuel Comnène, liv. I. (M · texte numérisé non relu

Nicétas, Histoire de Manuel Comnène, liv. I. (M

2. Nicétas, Ilist., après la prise de Gonstantinople, ch. m. (M.)

De plus, pendant soixante ans que Constantinople resta entre les mains des Latins, les vaincus étant dispersés, et les conquérants occupés à la guerre, le commerce passa entièrement aux villes d'Italie; et Constantinople fut privée de ses richesses.

Le commerce même de l'intérieur se fit par les Latins. Les Grecs, nouvellement rétablis, et qui craignoient tout, voulurent se concilier les Génois, en leur accordant la liberté de trafiquer sans payer de droits ^ ; et les Vénitiens, qui n'acceptèrent point de paix, mais quelques trêves, et qu'on ne voulut pas irriter, n'en payèrent pas non plus.

Quoique avant la prise de Constantinople, Manuel Comnène eût laissé tomber la marine; cependant, comme le commerce subsistoit encore, on pouvoit facilement la rétablir; mais quand, dans le nouvel empire, on l'eut abandonné, le mal fut sans remède, parce que l'impuissance augmenta toujours.

Cet Etat, qui dominoit sur plusieurs îles, qui étoit partagé par la mer, et qui en étoit environné en tant d'endroits, n'avoit plus de vaisseaux pour y naviguer. Les provinces n'eurent plus de communication entre elles : on obligea les peuples de se réfugier plus avant dans les terres pour éviter les pirates; et, quand ils l'eurent fait, on leur ordonna de se retirer dans les forteresses, pour se sauver des Turcs ^

Les Turcs faisoieut, pour lors, aux Grecs une guerre singulière : ils alloient proprement à la chasse des hommes; ils traversoient quelquefois deux cents lieues de

Page 1