‹ Œuvres complètes; (volume 4)Chapitre 239 sur 251 · Macrob., Saturnal.. lib. I, cap. vu. (M · texte numérisé non relu

Macrob., Saturnal.. lib. I, cap. vu. (M

2. Quia esse nolunt, bibant. Valerius Maximus, lib. I, cap. iv, art. 3. (M.)

DANS LA RELIGION

alloit même quelquefois jusqu'à purifier les armées et les flottes, après quoi chacun reprenait courage ^

Scévola, grand pontife, et Yarron, un de leurs grands théologiens, disoient qu'il étoit nécessaire que le peuple ignorât beaucoup de choses vraies, et en crût beaucoup de fausses : saint Augustin dit^ que Yarron avoit découvert par là tout le secret des politiques et des ministres d'État.

Le même Scévola, au rapport de saint Augustin^, divisoit les dieux en trois classes : ceux qui avoient été établis par les poètes, ceux qui avoieut été établis par les philosophes, et ceux qui avoient été établis par les magistrats, à princiinbus civitatis.

Ceux qui lisent l'histoire romaine, et qui sont un peu clairvoyants, trouvent à chaque pas des traits de la politique dont nous parlons. Ainsi on voit Gicéron qui, en particulier, et parmi ses amis, fait à chaque moment une confession d'incrédulité^, parler en public avec un zèle extraordinaire contre Timpiéié de Yerrès. On voit un Glodius, qui avoit insolemment profané les mystères de la bonne déesse, et dont l'impiété avoit été marquée par vingt arrêts du sénat, faire lui-même une harangue remplie de zèle à ce sénat qui F avoit foudroyé, contre le mépris des pratiques anciennes et de la religion. On voit un Salluste, le plus corrompu de tous les citoyens, mettre à la tête de ses ouvrages une préface digne de la gravité

1. Invoquer la divinité dans les fléaux et les malheurs est une croyance aussi vieille que le monde; il n'y faut pas voir un calcul de la politique romaine, mais la pento naturelle de l'esprit humain.

2. Totum consilium prodidit sapienliim per quod civitates et popuh regerentur. De civit. Dci, lib. IV, cap. xxxi. (M.)

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