Voyez Plutarque, Vie de Flamininus. (M
2. Ces rois de Macédoine étoient ce qu'est un roi de Prusse et un roi de Sardaigne de nos jours. (Frédéric II.)
Philippe qui, dans le commencement de son règne, s'étoit attiré l'amour et la confiance des Grecs par sa modération, changea tout à coup; il devint un cruel tyran, dans un temps où il auroit dû être juste par politique et par ambition ^ Il voyoit, quoique de loin, les Carthaginois et les Romains'-, dont les forces étoient immenses; il avoit fmi la guerre à l'avantage de ses alliés, et s'étoit réconcilié avec les Étoliens. Il ctoit naturel qu'il pensât à unir toute la Grèce avec lui, pour empêcher les étrangers de s'y établir 3 : mais il l'irrita au contraire par de petites usurpations : et, s' amusant à discuter de vains intérêts, quand il s'agissoit de son existence, par trois ou quatre mauvaises actions, il se rendit odieux et détestable à tous les Grecs.
Les Étoliens furent les plus irrités : et les Romains, 1 saisissant l'occasion de leur ressentiment, ou plutôt de leur \ folie, firent alliance avec eux, entrèrent dans la Grèce, et l'armèrent contre Philippe.
Ce prince fut vaincu à la journée de Cynocéphales ; et cette victoire fut due en partie à la valeur des Étoliens. Il fut si fort consterné, qu'il se réduisit à un traité qui étoit moins une paix qu'un abandon de ses propres forces; il fit sortir ses garnisons de toute la Grèce, livra ses vaisseaux, et s'obligea de payer mille talents en dix années.
Polybe, avec son bon sens ordinaire, compare l'ordonnance des Romains avec celle des Macédoniens, qui fut prise par tous les rois successeurs d'Alexandre. Il fait voir . les avantages et les inconvénients de la phalange et de la
1. Voyez, dans Polybe, les injustices et les cruautés par lesquelles Philippe se décrédita. (M.)
2. A. Il voyoit, quoique de loin, les Homains, dont les forces, etc.