‹ Œuvres complètes; (volume 4)Chapitre 95 sur 251 · C'est-à-dire les habitants et non pas les édifices · texte numérisé non relu

C'est-à-dire les habitants et non pas les édifices

des personnes, des terres, des villes, des temples, et des sépultures même^

Ils pouvoient même donner à un traité une interprétation arbitraire : ainsi, lorsqu'ils voulurent abaisser les Rhodiens, ils dirent qu'ils ne leur avoient pas donné autrefois la Lycie comme présent, mais comme amie et alliée.

Lorsqu'un de leurs généraux faisoit la paix pour sauver son armée prête à périr, le sénat, qui ne la ratifioit point, profitoit de cette paix, et continuoit la guerre. Ainsi, quand Jugurtha eut enfermé une armée romaine, et qu'il l'eut laissée aller sous la foi d'un traité, on se servit contre lui des troupes mêmes qu'il avoit sauvées : et, lorsque les Numantins eurent réduit vingt mille Romains, prêts à mourir de faim, à demander la paix, cette paix, qui avoit sauvé tant de citoyens, fut rompue à Rome ; et ron éluda la foi publique, en envoyant- le consul qui l'avoit signée ^

Quelquefois ils traitoient de la paix avec un prince, sous des conditions raisonnables; et, lorsqu'il les avoit exécutées, ils en ajoutoient de telles, qu'il étoit forcé de recommencer la guerre. Ainsi, quand ils se furent fait livrer^ par Jugurtha ses éléphants, ses chevaux, ses tré-

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