‹ Œuvres complètes;Chapitre 278 sur 312 · LETTRE CXL · texte numérisé non relu

LETTRE CXL

AU CHEVALIER DAYDIES

Mon cher chevalier, M""= du Deffand m'a fait part d'une lettre de vous- qui m'a comblé de joie, parce qu'elle me fait voir que vous m'aimez beaucoup, et que vous m'estimez un peu. Or, l'amitié et l'estime de mon cher chevalier, c'est mon trésor. Je voudroisbien que vous fussiez ici, vous nous manquez tous les jours ; à présent que je vieillis à vue d'oeil ^, je me retire, pour ainsi dire, dans mes amis.

Bulkeley est au comble de ses veux ; son fils, pour lequel il est aussi sot que tous les pères, vient d'avoir le régiment * ; j'en suis en vérité bien aise : voilà sa fortune faite. M. Pelham, qui étoit à peu près le premier ministre d'Angleterre, est mort. C'est un ministre honnête homme, de l'aveu de tout le monde ; il étoit désintéressé et pacifique : il vouloit payer les dettes de la nalion ; mais il n'avoit <{u'une vie, et il en faut plusieurs pour ces entreprises-là.

Je suis allé voir hier une tragédie nouvelle, intitulée les Troyennes'"; la pièce est assez mal faite : le sujet en est beau, comme vous savez ; c'est à peu ])rès celui qu'avoit

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