PREMIÈRE PARTIE. HOTIGE
à rÉcoBomîsme» qui promettant aux nations des richesses , n'enseigne que Fart d'enrichir les traitants et sDogsues» doubler les impôts, dévorer raventr par les eraprunls fiscaux , et négliger toute recherche sur l'Asso- «îation domestique, base de Tëconomie,
Au Moralisme y qui après, avoir prêché deux nulle ans le mépris des richesses et Tamour de la vérité , a tout ré> ceivmeiit accédé 4 prôner le système commercial civilisé » bnoqueroute, usure, agiotage et libre fourberie?
Teltes sont les quatre sciences qui dirigent le monde social, ou plutôt qui l'égarent depuis vingt-cinq siècles. Elles sont déjà suspectes aux révolutionnaires mêmes qu'elles ont élevés : Bonaparte tes élimina en masse de l'institut, et ce Ait peut-être Tacte le plus sensé de son règne. Mais au lieu de se borner à les flétrir, il aurait dii proposer les études qu elles ont négligées. Elles devaient, de leur JM'opre aveu, étudier Y Homme, i'Univeirs et Dieu; eUes n'en ont rien fait; je le prouverai dans le cours de ces prolégomènes.
V Homme, l'Univers et DtVw/ C'est, répltquera-t-on , une étude portée à la perfection par nos Idéologues et Métaphysiciens modernes. Bien de plus faux ; ils n*ont pas même abordé le sujet , car ils n'ont traité ces trois énigmes qu'en simple et non en composé. Aussi leurs torrents de lumières sur les trois problèmes ne sont-ils que des torrents d'erreurs , que l'épaisse nuit dont se plaint Voltaire.
Mais nul n'a, ce me semble, aussi bien défini l'obscurité que Condillac, dont il est à propos d'insérer ici un paragraphe , bieu hiuniliant pour les prétentions des modernes. Voyons à quielle valeur il réduit les trophées de cette raisoDt et de soo. prétendu perfectionnement. Je
transcris littéralement son opinion, et j'y intercale quelques parenthèses.
c Au lîeu d'observer, dit Gondillac , les choses que
> nous voulions connaître > ( entre autres le but des passions), c nous avons voulu les imaginer : de supposition
> en supposition fausse , nous nous sommes égarés parmi
> une multitude d'erreurs ; et ces erreurs étant devenues 9 des préjugés, nous les avons prises pour des prin-
> ctpes : » ( notamment l'erreur qui , envisageant la Civilisation comme terme des destinées ^ veut subordonner les passions aux convenances de cette société , les mutiler et dénaturer ; au lieu de chercher une autre société adaptée au vœu des passions^ qui toutes sans exception tendent à l'Association industrielle , & f Association par Séries contrastées, rivalisées, engrenées.)
CondUlac : c Nous nous sommes donc égarés de plus » en plus ; alors nous n'avons su raisonner que d'après
> les mauvaises habitudes que nous avions contractées. » (Entre autres l'habitude du régime civilisé , barbare et sauvage, qui n'est que notre destinée transitoire, mais qui est devenue habitude contractée.)
CondUlac : c L'art d'abuser des mots sans les bien en-
> tendre a été pour nous fart de raisonner. > Témoins les mots bonheur, liberté, vertu, morale, destinée, nature, équilibre, saines doctrines et autres verbiages par lesquels nos théories contradictoires nous conduisent toutes à l'opposé du but qu'elles se proposent. Toujours aux sept fléaux iymbiques (51)» au lieu des sept bienfaits (53).
CondUlac, c Quand les choses en sont venues à ce
> point, quand les erreurs se sont ainsi accumulées, il n'y
> a qu'un moyen de remettre l'ordre dans la faculté de