PREMIÈRE PARTIE. NOTICE I. I2d
t penser; c'esid^otMieriaut ce que nous uvons appriê^ 1 de reprendre nos idées à leur origine, el de refaire,
• dit Bacon, Tentendement humain.
> Ce moyen est d'autant plus diffiieile qu'on se croit « plus instruit : aussi des ouvrages où les sciences se^
• raient traitées avec une grande netteté, une grande 1 précision, ne seraient-ils pas à la portée de tout le » inonde. Ceux qui n'auraient rien étudié, les enlcnf draient mieux que ceux qui ont Tait de grandes études, 9 et surtout que ceux qui ont beaucoup écrit. >
Voilà la Philosophie et ses jactances de perfectibilité condamnées par un homme dont elle vante le discernement, la rectitude : c'esi un des oracles «de l'entende- «nent humain qui nous apprend que cet entendement est laussé, c que ceux qui ont beaucoup étudié, beaucoup
• écrit, n'entendront rien à des sciences traitées avec une
• grande précision , > ( comme le sera la doctrine de ^'Association et de l'Attraction, qui assurément sera bien précise et positive, car elle s'étaiera sans cesse des oracles de l'expérience et de vérifications arithmétiques. )
Il est précieux qu'un des aigles de la soience en vogue, «de l'Idéologie, ait si bien défini le faux jugement de cette controverse, plus le vice de ses méthodes, la nécessité de les oublier, de se défaire . des impressions philoso- |>hiques, pour procéder & J^tude de la Nature et de THommé.
Cette critique des himtères modernes semblerait inconprenante dans la bouche d'un intrus tel que moi ; les Philosophes ne manqueraient pas d'y répondre eii termes dédaigneux : je dois donc m'étayer de leurs propres arrêts. Voilà leur condamnation prononcée par un de leurs coryphées : il semble avoir écrit ce paragraphe tout
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exprès pour eoafoiiâriô les délractMrs qui repoussent la théorie et mèine l'idée d'ÂssocîatioB> parce qa'die ne s'accorde pas avec cet préjugés qu'ils ont pris pour des prinkcipeSy et parce qu'elle satisfait aux préceptes de Gondillac, en reprenant les idées â leur origine, en ouUimnt Umt ce pli a été ms^fné sur les passùms dont on est réduit à dire, après trois mille ans de vaines théories :
Montrez rHomine )k mes yeux ; honteux de m^ignorer, etc.
Les citations précédentes motivent asseE lâ distinction û^Eapeetants et à*(H^scurants (ou iilusionnels), que je Tiens d'établir : it est évident que tous les phitosoi^es respectables du siècle passé se .sont rangés dans la catè* gorte des expectants : les Montesquieu, les Rousseau» ks Ydtaire, lesCondiHac, s'indignent de cet état de cré^ tbisme dont le génie social semble frappé. Ils pressentent la découverte qui doit lever la cataracte au monde social et l'élever à la destinée heureuse. Tous ces grands hommes confessent ta vanité de leur science , et l'égarement de cette raison qu'ils ont prétendu perfectionner. Tous avouent < que leurs bibliothèques philosophiques > ne sont qu'un dépôt humiliant àe eontradictions et 9 d'erreurs (HO). »
Il n^est que trop vrai : depuis vingt -cinq siècles qu'existent les sciences politiques et morales, elles n'ont rien fait pour le bonheur de rhumanité ; elles n'ont servi qu'à augmenter h malice humaine en raison du raffinement scientiBque, à reproduire Findigenee, .les perfidies et tous les fléaux sous diverses formes* Après tant d'essais désastreux pour améliorer la Civilisation, il ne reste oux sophistes que la confusion et le désespoir : le problème du bonheur pubKc est va écueil insurmontable pour