‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 25 sur 91 · PREMIÈRE PARTIE. KOTICE I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. KOTICE I

eux ; et le seal aspect des indigents qui fbanniUent dans l les cités, ne dêmontre^t-il pas que les torrents de Iu-| miëres phtiosoplBqaes ne sont que des torrents de té-^ nèbres ?

Cependant une inquiétude universelle atteste que fe genre humain n'est point arrivé au but otk la nature veut le coftdunre ; et ctftte inquiétude semble présisger quelque f^nd événement qai changera notre sort. Les nations harassées par le malheur, s'attachent avidement à to«i(e rêverie j^olîtiqne ou religieuse qui leur fsÂt entrev<Mr une lueur de bien-être ; elles ressemblent à un malade désespéré qui compte sur une miraculeuse guérison. La nature souflle à l'oreille du genre huAMin qu'il est réservé à un bonheur dont il ignore les routes , et qu'une découverte flierveilleuse viendra tout è coup dissiper les tén^Mres de la Civilisation.

La raison , quelqu'étalage qu'elle fasse de ses progrés, a'a ri^n fait pour le bonheur, tant qii'elle n'a pas procuré ) é l'homme social cette fortune qui est l'ol^et de tous les . vœux : et j'entends par Fortune sociale, une opulence graduée qui mette à l'abri du besoin les hommes les moins riches, et qui leur assure au noins peur mmimum, le sort que nous nommons Mémocrité bourgeoise.

S'il est mcontestabie que les richesses sont pour rhomme social la première source de bonheur, après la santé, cette raison qui n'a pas su nous procurer la richesse relatire ou aisance graduée , n'a donc produit dans ses pompeuses théories que des verbiages inutiles qui n'atteignent aucun but; et la découverte que j'annonce ne serait, comme les sciences politiques et morales, qu'un nouvel opprobre pour la raison, si elle ne devait nous donner que de la science et toujours de la seienoe, sans

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nous donner les richesses qai nous sont nécessaires ayant la science.

L'ordre sociétaire va remplir ce vœu des nations , en assurant à chacun l'opulence graduée , objet de tons les désirs : quant à la Ciyilisationd'où nous allons sortir, loin d'être la destinée industrielle de l'Homme , elle n'est qu'un fléau passager dont la plupart des globes sont affligés I durant leurs premiers âges; elle est pour le genre humain une maladie temporaire, comme la dentition pour l'enfance; elle s'est prolongée deux mille cinq cents ans de trop, par l'inadvertance ou l'orgueil des sophistes qui ont dédaigné toute étude sur l'Association et l'Attraction; enfin les sociétés Sauvage, Patriarcale, Barbare et Givtliâée ne sont (on en verra les preuves), que des sentiers de ronces, des échelons (voyez le tableau 33), pour s'élever à l'état sociétaire qui est la destinée de l'Homme, et hors duquel tous les efforts des meilleurs princes ne peuvent aucunement remédier aux malheurs des peuples. C'est donc en vain, Philosophes, que vous auriez amoncelé des bibliothèques pour chercher le bonheur, tant qu'on n'aurait pas extirpé la souche de tous les malheurs sociaux, le morcellement industriel ou travail incohérent qui est l'antipode des vues de Dieu. Vous vous plaignez que la nature vous refuse la connaissance de ses lois : eh ! si vous n'avez pu jusqu'à ce jour les découvrir, que tardez-vous à reconnaître l'insuffisance de vos méthodes et en chercher de nouvelles? Ou la nature ne veut pas le bonheur des hommes, ou vos méthodes sont réf>rouvées de la nature , puisqu'elles n'ont pu lui arracher ce secret que vous poursuivez. Voyez-vous qu'elle soit rebelle aux efforts des physiciens comme aux vôtres? Non, parce qu'ils étudient ses lois, au lieu de lui en dicter; et

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Vous n'étudiez que Fart d'étouffer la voix de la nature, d'étouffer l'Attraction qui est interprète de ses vues, puisqu'elle eonduit en tout sens à l'Associaiion domes*tique-^agricole. . .

Aussi , quel contraste entre vos bévues et les succès ées sciences fixes ! Chaque jour vous ajoutez des erreurs nouvelles à d'antiques erreurs ; tandis qu'on voit chaque jour les sdences physiques avancer dans les routes de la vérité, et répandre sur l'âgei moderne un lustre égal à l'opprobre qu'ont répandu sur lui les visions régénéra^ trices des sophistes^

Répétons que cette remontrance n'a d'autre but que de les sauver d'une nouvelle erreur, les garantir de l'or-* gueil moderne ou prétention de perfectionner la Civilisa^ tion, et les ramener à l'opinion eJxpectante des grands hottimes du dernier siècle , qui tous ont espéré une issue du labyrinthe civilisée Toute opinion qui tend à nous y engouffrer, est dés à présent la voix de l'obscut-antisme. Réflèchissez-y, écrivains qui déclamez contre les Obscurants : voici la pierre de touche qui fera discerner tes vrais amis des lumières et du progrès social. Quand la théorie sociétaire est découverte, ceux qui s'obstineraient à voir le bien dans le morcellement industriel , ne seraientils pas les vrais apôtres de l'obscurantisme?

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