‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 26 sur 91 · CHAPITRE IIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIL

Les Préceptes philosophiques me'connus par la Science même.

En voyant la Philosophie si soigneuse d'assigner des devoirs à chacun, même aux souverains, comment se fait-il que personne n'ait jamais songé à la rappeler aux 9iens et la sommer de le3 remplir?

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Je o'ai pas dressé le tableau de ces devoirs; mais je ▼ais indiquer seoieraent douze apfhortsoies des phBosopbes, qui tous les admettent poor règ^ et n'eoTealeat suivre aucun.

ObsertoDs qœ ce ne sont pas des devoirs de morale dont chacun» Philosophe ou antre > est habitué à s'affranchir: je ne citerai ici que douze devoirs d'étude méthodique, et par conséquent obligatoires pour les savants, s*il est vrai qu'ils cherchent la vérité et que (ours préceptes soient des routes de vérité. Examinons-en douze seulement, dont chacun, s'il eût été observé, aurait conduit la Philosophie à de grandes découvertes.

io. Eocphrer en entier le domaine de la idenee , et croire qu*il n'y a rien de fait , tant qu'il reste quelque choie à faire» Or , tout reste à faire en mécanique sociale, puisqu'on n'est parvenu qu'à aggraver le mal , qu'à envenimer les sept fléaux lymbiques (51 ).

A ces fléaux se rattachent tous ceux dont on peut faire rénumération. Loin d'y apporter aucun remède , on les aggrave ; témoin le sixième, Malabies provoquées. Loin de purger le globe de la peste par des ^arantaines , des tksséehements et autres préservatifs , on a tout récemment foit édore deux pestes nouvelles , la Fièvre Jaune et le Typhus ^ et chacun s'accorde à prot^er les Barbares qui répandent partout l'ancienne peste.

Quant aux problèmes de cure politique , tels que l'extirpation de l'indigence, on est sur ce point aussi peu avancé qu'au premier jour : et pour preuve, l'état te plus riche, TAngletenre qin a poussé au suprême degré les raffinements d'Ecooomisme, est jonchée de misérables, malgré la taxe de lâO raiUÎQns pour les pauvres. La série capitale d'Angleterre , Londres, contient 106,000 mea-

^HEMIÈRE I^AllTlfi. TiOtlCA t. fôi

diants, vagabonds el gens sans ayen. Voilà le bonheur de la région qni pressure les autres par des monopoles el prhriièges conmieft^iaax.

Dans cet état d'infirmité politique, peut-oo croire qn*H y ait quelque chose de fait, quand tout reste à faire sur le problème de Tlndigence comme sur tous les autres (SI), et quand on laisse en arriére des sciences intactes, comme l'Association domestique, TAttraction passionnelle, et tant d'autres branches d'études qui pourraient bien être ' le point où gît le remède ?

99. Consulter f expérience et la prendre pour guide. Elle dépose que la Civilisation éprouvée en tout sens depuis trois mille ans, n'aboutit qu'A reproduire les mêmes abus sous diverses formes. Il n'y a donc de salut à espérer que dans Tissue de la Civilisation, dans la recherche d'une société moins vicieuse. Et si le genre humani en a parcouru d^à cinq , savoir : i^^. Eden ou Primîtivet S®. Sauvagerie; 3«. Patriarcat; 4«. Barbarie; 9fi. Civilisation , il est à présumer (il faut le redire cent f<Hs), qu'il en peut découvrir et parcourir une 0^., une 7®. , une 8®., dont il fallait proposeret tenter la recherche ; devoir que n'a jamafis rempli la Philosophie qui, au contraire, a vanté les mœurs inlïimes des civilisés, comme t^me ultérieur des destins sociaux.

S*. Alkr du co^nnu à Vineonnupar analogie. Le connu nous apprend que Dieu fait des codes sociaux pour des créatures supérieures à nous, comme les astres; qu'il en fait pottr des êtres inférieurs à nims^ comme les insectes, abeilles, guêpes, etc.: d'où l'on peut inférer, par analogie, qu'il a faittid code socialpour l'Homme, créature moyenne entre les astres el les insectes , et que les besoins sociaux de l'humanité ne peuvent pas avoir été oubliés paruh

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Créateur qui a pourvu aux besoins sociaux des insectes subordonnés à l'Homme. Dans le cas où Dieu y aurait manqué , sa providence ne serait que partielle et non pas universelle. Mais s'il y a pourvu , c'est notre raison qui est en déCaut d'investigation, et qui devait, pour découvrir le code social divin, aller du connu a l'inconnu, et chercher ce code industriel dans l'étude de l' Attraction, seul interprète connu et permanent entre Dieu et les créatures.

4^. Procéder par analyse et synthèse, Ehl sur quel sujet? L'analogie nous dit que c'est sur l'Attraction passionnelle , qui seule révèle des lois d'harmonie sociale aux astres comme aux insectes. L'Attraction est donc , j selon l'analogie , l'interprète choisi pour révéler aux hommes une loi sociale divine; et ils doivent procéder au calcul analytique et synthétique de l'Attraction passioanelle, pour en déduire le régime d'harmonie sociale auquel Dieu veut les conduire. L'observance de ce principe aurait conduit à analyser les douze passions, au lieu de perdre le temps à les décrier avant de connaître leur but. De l'analyse on aurait passé à la synthèse, qui aurait epseigné le mécanisme des Séries contrastées, rivalisées, engrenées^ vœu commun de toutes les passions.

So. Ne pas croire la Nature bornée aux moyens à nous^ connus. Il fallait donc se garder de croire que le génie social de Dieu fût borné à quiitre sociétés mensongères et sanguinaires que nous voyons sur la terre , ni qu'il manquât de moyens inconnus , pour opérer tels effets qui nous semblent iinpossibles, comme l'Association industrielle des masses d'inégaux, d'où naîtraient de si énormes bénéfices; association dont la théorie enfin découverte» confond cette philosophie qui crie à l'impossibilité, dès

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qu'elle éehoae avec les moyem conums. Elle sème le dé* couragement , malgré l'avis des hommes sages qui veulent qu'on cherche et qu'on espère Vinvention des moyem mconntss; témoin De Laplace, qui confesse l'insuffisance des lumières actuelles , en disant : c s'il existe des vérités » qui nous paraissent détachées les unes des autres » c'est » que nous ignorons le lien qui les réunit dans un tout. » Toilà un des Nestors de la science qui se range dans la classe des Eœpectants : ce lien qui réunit l'ensemble du système de la nature , va nous être connu : on trouvera sur ce sujet , des détails dans la grande note B , qui traite de l'Analogie universelle et du lien unitaire de l'Univers.

6®. Simplifier les ressorts dans toute mécanique ma'* tërielle ou sociale. De là résultait la nécessité de s'exercer sur le problème de l'Association domestique et indus^ trielle qui élèverait souvent l'économie de bras et de matières aux neuf dixièmes, et qui donnerait pareille économie sur divers objets de consommation outrée , notamment sur le combustible devenu si précieux.

Au mépris de ce principe, l'ordre civilisé, loin de simplifier, complique toutes les relations au plus haut degré ; soit en régime domestique , où la réunion est ta plus petite possible ; soit en régime commercial , où la fourberie élèye le nombre d'agents parasites et les fraudes au plus haut degré; soit en régime administratif, où l'on peut défier d'élever plus haut la complication judiciaire , fiscale, etc.

7<>. Se rallier à la vérité expérimentale, n'admettre que la vérité confirmée par l'expérience. En vertu de ce principe la Philosophie devait proscrire le régime civilisé, où tout n'est que fausseté , notamment dans les branches les plus protégées , comme le système conunercial , on

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n y trouve <pie fourberie et triomphe de la firiMide. Au lier de flèehir deTaot cette faydre de mensoftge, là Philosopine* défait en faire Itobjet de ses attaques » et chercher à dë-^ teminer mk régime de commerce vëridique » et subor*^ donné seBdairement à la pratique delà vérité. Sans doute* on n'y aurait pas réussi en spéeuiant sur les moyens' cornmts; mais on vm-ra dans cet ouvrage» qu4l eûstait pour atteindre à ce but» des moyens inconnus, et pmt-tant trés-iaciles à mettre en pratique. Leur découverte et leur introduction auraient conduit à la période sociale' vfi,6f GARAiiTisMEy qui est uuo des belles issues de €i-' vilisation, et qui achemine* rapidement à la période 7^.^^ <iite Association simple ou hongrée.

S^. Se ralliera la nature ^ c'est-à-dire spéculer sur' les moyens de procurer à l'homme industrieux les biens et droits dont jouit le Sauvage, qui est l'homme le plus rapproché de la sature. Ces droit» sont au nombre desept, dont nous traiterons au chapitre suivant : on ne peut pas même accorder aux civilisés le premier des sept droits qui est le droA de chasse* En moins de trois ans ils anéantiraient le gibier, et par sinle les insectes pulluleraient à un point effrayant.

Il en est des six autres droits naturels comme du premier; on ne peut en accorder aucim aux civ^isés : ii Miaît donc, pour se rallier à la natur», déterminer ces sept droits, et déterminer en même temps un. nouveau mécanisme social qui pûlt en garantir la jouissance aux nations industrieuses, ou tout au moins celle des quatre droits industriels, chasse, pêche, cueilleUe , péUute.

9^ . Garder que Its erreurs devenues des préjugés , ne soient prises pour des principes* Telle est la bévue sur itqtielle reposent tous les systèmes philosophiques : leur»

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